
Chimiothérapie FOLFOXIRI
Le protocole FOLFOXIRI associe fluorouracile, leucovorine, oxaliplatine et irinotécan toutes les deux semaines, avec une pompe portable de 48 heures, en premier traitement du cancer colorectal métastatique. Administré avec du bevacizumab chez les patients en bon état général, il fait régresser davantage de tumeurs et prolonge la survie par rapport à une chimiothérapie à deux médicaments, et il peut rendre opérables des métastases hépatiques. Nos oncologues vérifient la DPD et les gènes tumoraux avant le premier cycle et assurent votre suivi une fois rentré chez vous.
À propos de ce département
La plupart des chimiothérapies du cancer colorectal utilisent deux médicaments à la fois. Le FOLFOXIRI en associe trois, pour les patients en état de bénéficier de cette intensité.
Le FOLFOXIRI est un protocole de chimiothérapie qui associe fluorouracile, leucovorine, oxaliplatine et irinotécan, administré toutes les deux semaines, le fluorouracile étant perfusé pendant 48 heures au moyen d’une petite pompe portable. Les oncologues l’utilisent surtout en premier traitement du cancer colorectal métastatique non résécable, en association avec le bevacizumab. Comparé au protocole à deux médicaments FOLFIRI, il a fait passer la proportion de patients dont la tumeur a régressé de 41 à 66 pour cent et la survie médiane de 16,7 à 22,6 mois (Falcone et collaborateurs, Journal of Clinical Oncology, 2007). Une analyse groupée de cinq essais avec bevacizumab a montré une survie médiane de 28,9 mois contre 24,5 mois avec deux médicaments, et un nombre plus élevé de patients dont les métastases hépatiques ou pulmonaires ont pu ensuite être retirées (Cremolini et collaborateurs, 2020). Le médicament supplémentaire entraîne davantage d’effets indésirables, si bien que ce protocole convient aux patients en bon état général et âgés de moins de 75 ans environ. Cette page explique les médicaments, la comparaison du protocole avec FOLFOX, FOLFIRI et FOLFIRINOX, les patients concernés, les résultats des essais, la possibilité de rendre une chirurgie réalisable, le déroulement du cycle et les effets indésirables, ainsi que les modalités d’organisation pour les patients venant de l’étranger à l’Hôpital universitaire Biruni à Istanbul.
Ce qu’est le FOLFOXIRI
Le FOLFOXIRI est la chimiothérapie standard la plus intensive du cancer colorectal métastatique. Il échange davantage d’effets indésirables contre une régression tumorale plus importante et une survie plus longue.
Le FOLFOXIRI était administré sous la forme d’irinotécan 165 mg/m2 au jour 1, d’oxaliplatine 85 mg/m2 au jour 1, de leucovorine 200 mg/m2 au jour 1 et de fluorouracile 3 200 mg/m2 en perfusion continue de 48 heures débutant au jour 1, toutes les 2 semaines (Falcone et collaborateurs, 2007).
| Médicament | Mode d’action | Administration |
|---|---|---|
| Fluorouracile, 5-FU | Bloque les éléments constitutifs de l’ADN | Perfusion de 48 heures par pompe portable |
| Leucovorine | Renforce l’effet du fluorouracile | Perfusion sur deux heures |
| Oxaliplatine | Se lie à l’ADN et empêche sa réplication | Perfusion sur deux heures |
| Irinotécan | Bloque la topoisomérase I, une enzyme nécessaire à la réplication de l’ADN | Perfusion sur une heure |
Le nom
FOL pour acide folinique, c’est-à-dire la leucovorine. F pour fluorouracile. OX pour oxaliplatine. IRI pour irinotécan.
FOLFOXIRI, FOLFOX, FOLFIRI et FOLFIRINOX
| Protocole | Médicaments | Utilisation principale |
|---|---|---|
| FOLFOX | Fluorouracile, leucovorine, oxaliplatine | Cancer colorectal après chirurgie et au stade métastatique, cancer de l’estomac et de l’œsophage |
| FOLFIRI | Fluorouracile, leucovorine, irinotécan | Cancer colorectal métastatique, en première ou deuxième ligne |
| FOLFOXIRI | Les quatre médicaments, sans bolus de fluorouracile, perfusion de 48 heures | Cancer colorectal métastatique, chez les patients en bon état général, en première ligne |
| FOLFIRINOX | Les mêmes quatre médicaments, avec un bolus de fluorouracile et une dose plus élevée d’irinotécan | Cancer du pancréas, et avant la radiochimiothérapie dans le cancer du rectum |
Deux médicaments constituent le standard pour la plupart des patients. Trois médicaments sont choisis lorsque la régression compte avant tout, parce que la tumeur provoque des symptômes, croît rapidement ou empêche une opération.
Le FOLFOXIRI est-il identique au FOLFIRINOX ?
Pourquoi trois médicaments à la fois
Enchaîner ou associer. Les oncologues en ont débattu pendant une décennie.
Pendant des années, le standard consistait à administrer deux médicaments jusqu’à leur échec, puis à passer à l’autre association. La logique semblait solide, puisque chaque patient recevait finalement les trois médicaments. En réalité, beaucoup de patients n’atteignent jamais la deuxième ligne, parce que le cancer progresse vite ou que leur état se dégrade trop après l’échec de la première ligne, et les médicaments gardés en réserve ne sont jamais utilisés. Tout administrer d’emblée garantit l’exposition aux trois médicaments, frappe la tumeur au moment où le patient est le plus solide et produit la régression la plus profonde. L’essai TRIBE2 a évalué cette question directement. Les patients recevant d’emblée FOLFOXIRI avec bevacizumab, le même protocole étant réintroduit après progression, ont vécu plus longtemps sans deuxième progression que ceux qui recevaient FOLFOX puis FOLFIRI, 19,2 mois contre 16,4.
Le prix à payer se traduit par des baisses des numérations sanguines et des diarrhées, et seuls les patients capables de les supporter reçoivent cette approche.
Qui peut en bénéficier
| Situation | Raison | Alternative |
|---|---|---|
| Âge supérieur à 75 ans ou état général limité | Risque plus élevé d’effets indésirables graves | FOLFOX ou FOLFIRI, ou capécitabine seule |
| Atteinte nerveuse préexistante | L’oxaliplatine l’aggrave | FOLFIRI |
| Activité enzymatique DPD diminuée | Le fluorouracile s’accumule à des taux toxiques | Dose réduite ou autre protocole |
| Fonction intestinale altérée ou occlusion récente | Risque de diarrhée et de perforation | Chirurgie ou pose d’une endoprothèse au préalable |
| Test | Résultat | Signification |
|---|---|---|
| RAS, KRAS et NRAS | Muté ou sauvage | Muté signifie bevacizumab comme médicament associé |
| BRAF V600E | Présent chez moins d’un patient sur dix | Cancer agressif, avec traitement ciblé en deuxième ligne |
| Réparation des mésappariements ou MSI | Déficiente, MSI-high | Immunothérapie en premier, à la place de la chimiothérapie |
| HER2 | Amplifié chez quelques pour cent des patients | Traitement ciblant HER2 plus tard |
Résultats
Les patients assignés au FOLFOXIRI plus bevacizumab ont eu une survie globale significativement plus longue que ceux assignés aux doublets plus bevacizumab, médiane de 28,9 contre 24,5 mois, ainsi que des taux de réponse objective et de résection R0 plus élevés, au prix d’une augmentation modérée de la toxicité (Cremolini et collaborateurs, 2020).
| Essai | Comparaison | Résultat principal |
|---|---|---|
| GONO, 244 patients | FOLFOXIRI contre FOLFIRI | Réponse 66 contre 41 pour cent, survie 22,6 contre 16,7 mois |
| TRIBE, 508 patients | FOLFOXIRI avec bevacizumab contre FOLFIRI avec bevacizumab | Délai avant progression 12,1 contre 9,7 mois, réponse 65 contre 53 pour cent |
| TRIBE2, 679 patients | FOLFOXIRI d’emblée puis réintroduction contre FOLFOX puis FOLFIRI, tous avec bevacizumab | Délai jusqu’à la deuxième progression 19,2 contre 16,4 mois |
| Analyse groupée de cinq essais, 1 697 patients | FOLFOXIRI avec bevacizumab contre deux médicaments avec bevacizumab | Survie 28,9 contre 24,5 mois |
Une remarque sur BRAF
L’analyse groupée n’a retrouvé aucun bénéfice supplémentaire du troisième médicament dans les tumeurs porteuses d’une mutation BRAF, ce qui avait pourtant été l’une des premières raisons de l’utiliser dans ce groupe (Cremolini et collaborateurs, 2020).
Faire régresser les tumeurs en vue d’une chirurgie
Métastases hépatiques
Ce que montrent les chiffres
Le taux de résection secondaire R0 des métastases était plus élevé dans le bras FOLFOXIRI, 15 pour cent contre 6 pour cent pour l’ensemble des patients et 36 pour cent contre 12 pour cent chez les patients présentant uniquement des métastases hépatiques (Falcone et collaborateurs, 2007).
Bevacizumab ou anticorps anti-EGFR
| Profil tumoral | Médicament habituellement associé au FOLFOXIRI | Remarque |
|---|---|---|
| RAS muté, quel que soit le côté | Bevacizumab | L’association évaluée dans TRIBE et TRIBE2 |
| RAS et BRAF sauvages, côté droit | Bevacizumab | Les anticorps anti-EGFR agissent mal du côté droit |
| RAS et BRAF sauvages, côté gauche | FOLFOX ou FOLFIRI avec panitumumab ou cétuximab | L’ajout du troisième médicament au traitement anti-EGFR n’a montré aucun gain net dans TRIPLETE |
| BRAF V600E | Bevacizumab, ou deux médicaments | Traitement ciblé par encorafénib et cétuximab plus tard |
Le médicament associé dépend des gènes de la tumeur et de l’endroit du côlon où le cancer a débuté.
Le cycle de traitement
Un cycle de deux semaines
| Jour | Ce qui se passe | Où |
|---|---|---|
| Jour 1 | Perfusions d’environ quatre heures, pompe raccordée | Hôpital de jour |
| Jours 1 à 3 | Le fluorouracile est délivré par la pompe pendant 48 heures | Domicile ou hôtel |
| Jour 3 | Pompe débranchée, chambre implantable rincée | Hôpital de jour, 15 minutes |
| Jours 4 à 14 | Récupération, numérations sanguines les plus basses vers le 7e au 10e jour | Domicile |
| Tous les quatre cycles | Imagerie pour mesurer la réponse | Service d’imagerie |
Effets indésirables
| Effet indésirable, grade 3 ou 4 | Trois médicaments | Deux médicaments |
|---|---|---|
| Baisse des polynucléaires neutrophiles | 45,8 pour cent | 21,5 pour cent |
| Fièvre avec neutrophiles bas | 6,3 pour cent | 3,7 pour cent |
| Diarrhée | 17,8 pour cent | 8,4 pour cent |
Atteinte nerveuse liée à l’oxaliplatine
L’oxaliplatine provoque des fourmillements dans les doigts et une sensibilité au froid, d’abord autour de la bouche et de la gorge après chaque dose, puis dans les mains et les pieds. L’oxaliplatine est suspendue ou arrêtée avant que l’atteinte ne devienne durable.
- Une fièvre de 38 degrés ou plus.
- Plus de quatre selles liquides supplémentaires par jour, ou une diarrhée que le lopéramide ne contrôle pas.
- Un engourdissement qui rend difficile le boutonnage ou l’écriture.
Vérifier la DPD avant la première dose
Une enzyme appelée DPD dégrade le fluorouracile. Environ une personne sur vingt a une activité réduite et une sur plusieurs centaines n’en a presque aucune, et chez elles une dose standard devient mortelle. Un test sanguin du gène DPYD ou du taux enzymatique, recommandé en Europe depuis 2020, est réalisé avant le premier cycle, et la dose est abaissée lorsque l’activité est réduite.
Après les premiers mois
Dans TRIBE2, les patients dont le cancer a progressé après l’entretien ont de nouveau reçu FOLFOXIRI avec bevacizumab, et cette stratégie s’est montrée supérieure à une séquence planifiée de protocoles à deux médicaments (Cremolini et collaborateurs, 2020).
Autres utilisations
| Cancer | Protocole | Contexte |
|---|---|---|
| Cancer du pancréas | FOLFIRINOX ou FOLFIRINOX modifié | Maladie métastatique chez les patients en bon état général, après chirurgie, et avant chirurgie pour les tumeurs borderline |
| Cancer du rectum | FOLFIRINOX modifié | Avant la radiochimiothérapie et la chirurgie dans les tumeurs localement avancées |
| Cancer colorectal après chirurgie | Non utilisé | FOLFOX ou CAPOX restent le standard |
Cancer du pancréas
Vivre pendant le traitement
La pompe vous accompagne partout pendant deux jours.
La pompe, de la taille d’un biberon, se range dans une pochette portée à la ceinture ou en bandoulière. Vous pouvez marcher, dormir et vous doucher avec précaution pendant qu’elle fonctionne. Pendant la semaine de l’oxaliplatine, évitez les boissons et les aliments froids pendant plusieurs jours, portez des gants pour ouvrir le réfrigérateur et couvrez votre bouche et votre nez à l’extérieur par temps froid, car le froid déclenche le spasme de la gorge provoqué par l’oxaliplatine. Prenez des repas petits et fréquents, buvez abondamment et gardez du lopéramide chez vous. Toute grossesse doit être évitée pendant le traitement et pendant six mois après.
Traitement des patients venant de l’étranger
Un coordinateur du bureau des patients internationaux gère l’organisation depuis le premier message jusqu’à la sortie et répond sur le même numéro WhatsApp une fois que vous êtes rentré chez vous. Le bureau travaille en anglais, arabe, français, russe, serbe, roumain et espagnol et réserve des interprètes pour les autres langues, et il organise la lettre d’invitation pour le visa, les transferts aéroport, les transports quotidiens et l’hébergement près de l’hôpital. Repas halal, végétariens et pour diabétiques, salle de prière sur place, et médecin femme sur demande lorsque le planning le permet.
Deux façons de mener le traitement à son terme
Coût
| Élément | Inclus | Facturé séparément |
|---|---|---|
| Chimiothérapie | Les quatre médicaments et la pompe pour chaque cycle | Bevacizumab ou anticorps anti-EGFR, lorsqu’ils sont chiffrés à part |
| Journée de traitement | Consultation, analyses de sang, place en hôpital de jour, débranchement de la pompe | Hospitalisation pour fièvre ou diarrhée |
| Avant de commencer | Consultation de planification | Pose de la chambre implantable, test de la DPD, tests des gènes tumoraux, imagerie |
Références
- Falcone A, Ricci S, Brunetti I, et al. Phase III trial of infusional fluorouracil, leucovorin, oxaliplatin, and irinotecan (FOLFOXIRI) compared with infusional fluorouracil, leucovorin, and irinotecan (FOLFIRI) as first-line treatment for metastatic colorectal cancer. The Gruppo Oncologico Nord Ovest. J Clin Oncol. 2007;25(13):1670-1676.
- Loupakis F, Cremolini C, Masi G, et al. Initial therapy with FOLFOXIRI and bevacizumab for metastatic colorectal cancer. N Engl J Med. 2014;371(17):1609-1618.
- Cremolini C, Antoniotti C, Rossini D, et al. Upfront FOLFOXIRI plus bevacizumab and reintroduction after progression versus mFOLFOX6 plus bevacizumab followed by FOLFIRI plus bevacizumab in the treatment of patients with metastatic colorectal cancer (TRIBE2). A multicentre, open-label, phase 3, randomised, controlled trial. Lancet Oncol. 2020;21(4):497-507.
- Cremolini C, Antoniotti C, Stein A, et al. Individual patient data meta-analysis of FOLFOXIRI plus bevacizumab versus doublets plus bevacizumab as initial therapy of unresectable metastatic colorectal cancer. J Clin Oncol. 2020;38(28):3314-3324.
Note de l'éditeur
Rédigé par l'équipe éditoriale médicale de Biruni Hospital. Vérifié par Pr Hilmi APAK, Hématologie et oncologie pédiatriques.
Vérifié médicalement par

Pr Hilmi APAK
Hématologie et oncologie pédiatriques
Traitements associés
Voir tout
Biopsie liquide pour le cancer - ADN tumoral circulant
Un même tube de sang peut répondre à trois questions. Quel médicament convient à un cancer avancé, s’il reste du cancer après la chirurgie et si une personne en bonne santé en a un. Seules les deux premières s’appuient sur des essais cliniques. Ce guide explique chaque test, ce que signifie un résultat positif ou négatif, les fausses alertes et la façon dont les résultats sont gérés depuis l’étranger.

Chimiothérapie FOLFIRI
Le FOLFIRI associe l’acide folinique, le fluorouracile et l’irinotécan toutes les deux semaines, avec une pompe portable pendant 46 heures. C’est l’un des deux protocoles de base du cancer colorectal métastatique, équivalent au FOLFOX en survie dans l’essai GERCOR, et associé au cétuximab il a atteint une médiane de 28,7 mois dans FIRE-3.

Chimiothérapie FOLFIRINOX
Quatre médicaments anciens administrés ensemble toutes les deux semaines, avec une pompe qui fonctionne pendant deux jours à domicile. Après une chirurgie du cancer du pancréas, ce protocole a ajouté un an et demi de survie médiane par rapport à la gemcitabine, et il demande beaucoup au patient en retour. Ce guide présente les essais, les effets indésirables, les personnes aptes à le recevoir et la façon dont un traitement se partage entre Istanbul et le pays d’origine.

Chimiothérapie FOLFOX
FOLFOX associe l’acide folinique, le fluorouracile et l’oxaliplatine dans un cycle de deux semaines, avec une pompe portable de 46 heures utilisée à domicile. Après une chirurgie du cancer du côlon, il a fait passer la survie sans récidive à cinq ans de 67,4 à 73,3 pour cent, et pour les stades III à risque plus faible, trois mois de traitement valent aujourd’hui six mois, ce qui épargne la moitié des atteintes nerveuses.

Deuxième avis pour un traitement du cancer
Un deuxième avis en oncologie consiste à relire les lames de pathologie et les images, à vérifier le stade et à présenter le plan de traitement à une réunion de concertation pluridisciplinaire. Les revues de la littérature montrent que le diagnostic, le traitement ou le pronostic a été modifié dans 12 à 69 % des cas et confirmé dans la plupart des autres. L’avis peut être rendu à distance à partir de votre dossier ou lors d’un séjour de trois à cinq jours.