
Cancer du rein - Chirurgie du cancer rénal
Une partie des petites tumeurs rénales retirées par les chirurgiens n’étaient pas des cancers, et une aiguille l’aurait montré en une demi-heure. Voici ce qu’il faut demander avant que quiconque n’opère.
À propos de ce département
Deux faits gouvernent cette opération et aucun des deux ne figure sur la plupart des pages d’hôpitaux. Une part non négligeable des petites tumeurs rénales retirées par les chirurgiens se révèlent ne pas avoir été des cancers. Et le rein que vous conservez compte davantage pour vos trente prochaines années que la tumeur n’aurait jamais pu compter. Tout ce qui suit découle de ces deux phrases, y compris la partie inconfortable, à savoir que le seul essai randomisé ayant testé la seconde a donné le résultat inverse.
Consultation gratuite
Envoyez les images de vos examens elles-mêmes, pas seulement le compte rendu
Les chirurgiens jugent les tumeurs rénales sur leur aspect au fil des phases de contraste d’un scanner ou d’une IRM, si bien qu’un compte rendu écrit décrivant une masse perd la plus grande partie de l’information dont un chirurgien a besoin. Envoyez les images elles-mêmes, la taille en millimètres, la position de la tumeur dans le rein, votre créatinine et votre débit de filtration estimé, ainsi qu’une note sur le diabète, la tension artérielle et tout problème rénal dans la famille. Précisez si la tumeur a été découverte par hasard lors d’un examen fait pour autre chose, car cela change le tableau plus qu’on ne le croit. En retour, vous recevez un avis sur la possibilité de conserver une partie du rein, sur l’intérêt d’une biopsie à l’aiguille au préalable et sur le caractère raisonnable d’une simple surveillance. Cet avis est gratuit et sans engagement. Envoyez bien les images. Un compte rendu seul tranche rarement la question qui compte.
Comment la vôtre a probablement été découverte
La plupart des cancers du rein sont aujourd’hui découverts par hasard, lorsqu’on examine un abdomen pour des calculs biliaires, un mal de dos ou un accident de la route, et qu’apparaît sur l’image une masse dans un rein qui ne causait aucun trouble. La présentation classique des manuels, associant du sang dans les urines, une masse dans le flanc et une douleur, est devenue véritablement rare, et lorsqu’elle survient elle traduit en général une tumeur déjà bien développée. La découverte fortuite explique pourquoi ces tumeurs sont découvertes petites, et c’est parce qu’elles sont petites que la question suivante devient si délicate.
Ce qu’un examen d’imagerie ne peut pas vous dire
Les examens d’imagerie décrivent une masse avec un détail impressionnant sans pour autant dire ce qu’elle est. La prise de contraste, la forme, la teneur en graisse et le mode de croissance réduisent le champ des possibles, et pourtant une minorité non négligeable des tumeurs rénales solides de moins de quatre centimètres se révèlent à l’analyse finale être quelque chose qui n’aurait jamais nui à personne, phrase qu’aucun compte rendu d’imagerie n’a jamais pu empêcher. Les oncocytomes et certains angiomyolipomes pauvres en graisse sont les responsables habituels, et la radiologie ne peut pas les distinguer du cancer de façon fiable, ce qui explique qu’une proportion de personnes subissent une opération du rein pour une lésion bénigne. Il n’y a là aucun scandale, puisque les chirurgiens agissaient avec la meilleure information disponible. La situation est cependant évitable d’une manière dont la plupart des patients n’entendent jamais parler, et la section suivante porte sur le geste de trente minutes qui permet de l’éviter. Ce n’est pas un geste nouveau. C’est simplement un geste que beaucoup de services considèrent encore comme facultatif.
L’aiguille que personne ne propose
Les tumeurs rénales peuvent être biopsiées à travers la peau avec une aiguille, sous anesthésie locale, sous guidage échographique ou scanographique. Cela prend une demi-heure, et dans la plupart des autres cancers cela serait si évident que personne n’en discuterait, alors que dans le cancer du rein cela reste facultatif dans de nombreux services, pour des raisons historiques qui ne tiennent plus.
Ce que l’aiguille d’abord a réellement changé
Une cohorte monocentrique a suivi 231 patients porteurs de tumeurs rénales de moins de cinq centimètres, traités soit par ablation chirurgicale, soit par destruction de la tumeur par chaleur ou par froid à travers la peau. Sans biopsie systématique préalable, des tumeurs bénignes étaient traitées dans 15 pour cent du groupe ablation percutanée et 18 pour cent du groupe chirurgie. Là où une biopsie systématique avant le geste a été introduite, le nombre de tumeurs bénignes traitées dans la cohorte d’ablation est tombé à zéro. Des complications sont survenues chez 9 pour cent après ablation contre 30 pour cent après chirurgie, le débit de filtration a baissé de 5,9 contre 12,1, et la survie comme les récidives étaient statistiquement comparables. Les auteurs concluent que la biopsie réduit les interventions pour tumeurs bénignes et devrait être pratiquée de façon systématique. Il s’agissait d’un seul centre et les groupes n’étaient pas randomisés, de sorte que la comparaison entre ablation et chirurgie appelle à la prudence, tandis que le résultat concernant la biopsie relève d’une arithmétique simple. Moins de tumeurs bénignes ont été traitées. Personne ne conteste ce sens d’évolution.
Les anciennes objections à la biopsie étaient qu’elle risquait de disséminer la tumeur le long du trajet de l’aiguille et que le résultat serait peu fiable. L’ensemencement du trajet s’est révélé extrêmement rare avec les techniques modernes, et la fiabilité s’est améliorée dès lors que les pathologistes ont vu assez de ces prélèvements pour savoir bien les lire.
Quand on peut raisonnablement s’en passer
La biopsie ne convient pas à tout le monde, puisqu’une tumeur manifestement cancéreuse en imagerie, une masse volumineuse, un patient jeune qui serait opéré quel que soit le résultat et une lésion réellement difficile d’accès sont autant de raisons de s’en passer. Ce qui ne devrait pas arriver, c’est de subir une opération du rein sans que personne n’ait évoqué cette possibilité.
Posez la question directement. Une biopsie changerait-elle le plan ici, et sinon, pourquoi. Un non clair est une réponse parfaitement valable et vous n’avez rien perdu à la demander.
Pourquoi le rein vaut la peine d’être conservé
Retirer un rein entier pour traiter une tumeur de trois centimètres est un mauvais marché, et le raisonnement qui soutient cette idée est devenu le principe central de la chirurgie moderne du cancer du rein. Personne ne remarque sa fonction rénale avant de l’avoir perdue, et une filtration diminuée favorise la maladie cardiovasculaire, complique chaque maladie et chaque médicament à venir, et ne peut être remplacée que par la dialyse ou une greffe.
Retirer seulement la tumeur en laissant le reste du rein en place s’appelle la néphrectomie partielle, et elle produit exactement ce que le principe prédit.
Ce que chaque opération a fait à la fonction rénale
Un essai randomisé européen a réparti 541 patients porteurs d’une tumeur de cinq centimètres ou moins avec un rein controlatéral normal, soit vers l’ablation du rein entier, soit vers l’ablation de la seule tumeur. Après un suivi médian de 6,7 ans, une altération modérée de la filtration a été atteinte par 85,7 pour cent de ceux qui avaient perdu le rein entier contre 64,7 pour cent de ceux qui en avaient conservé une partie, soit une différence de 21 points de pourcentage. Une maladie rénale avancée a été atteinte par 10,0 contre 6,3 pour cent, écart qui n’a pas atteint la significativité. Une insuffisance rénale véritable est survenue chez 1,5 et 1,6 pour cent, autrement dit de façon identique. Le bénéfice se situe à l’extrémité modérée de l’échelle et non à celle où se trouve la dialyse, distinction qui compte lorsqu’on met en balance une opération plus difficile. Une altération modérée signifie une étiquette sur une analyse de sang. La dialyse signifie une vie. L’essai a déplacé la première et a à peine touché la seconde.
Jusqu’ici le principe tient, en ce sens que conserver du rein conserve la filtration exactement comme chacun s’y attendait.
Et puis le même essai a dit autre chose
Dans l’analyse de survie de ce même essai, sur une médiane de 9,3 ans, les patients ayant conservé une partie de leur rein ont fait moins bien. La survie globale était plus basse après néphrectomie partielle qu’après ablation du rein entier, avec un rapport de risque de 1,50 et un intervalle de confiance allant de 1,03 à 2,16. Les auteurs indiquent clairement que le bénéfice sur la filtration ne s’est pas traduit par une meilleure survie dans cette population. Personne dans la discipline ne pense que la néphrectomie partielle raccourcit la vie. L’essai a recruté lentement sur onze ans et s’est arrêté tôt sans atteindre son objectif, et les décès à l’origine de ce résultat n’étaient en grande partie pas dus au cancer du rein. Les recommandations du monde entier préconisent toujours de conserver du rein lorsque c’est techniquement faisable, et les grandes données observationnelles vont dans leur sens. Cela figure malgré tout sur cette page parce que l’argument le plus fort contre une recommandation doit être présenté à la personne qui la reçoit. Un chirurgien qui n’a jamais entendu parler de cet essai n’est pas le chirurgien que vous voulez. Celui qui le connaît, explique pourquoi il est peu probable qu’il s’applique à votre cas et recommande malgré tout de conserver votre rein fait correctement son travail. Visez cette conversation.
Quatre choses possibles
La taille de la tumeur, sa position et votre état de santé décident entre ces options bien plus que la préférence.
Ce tableau défile latéralement sur un écran étroit. Faites glisser pour voir toutes les colonnes.
| Option | Ce qu’elle implique, et où elle trouve sa place |
|---|---|
| Néphrectomie partielle | La tumeur et une marge de tissu normal sont retirées, le reste du rein est conservé. Standard pour les tumeurs jusqu’à environ sept centimètres lorsque la position le permet, et indispensable si vous n’avez qu’un rein, des tumeurs des deux côtés ou une maladie rénale préexistante. Techniquement plus difficile que de retirer l’organe entier. |
| Néphrectomie radicale | Le rein entier est retiré, avec la graisse qui l’entoure et parfois la glande surrénale. Adaptée aux tumeurs volumineuses, aux tumeurs centrales enroulées autour des vaisseaux et à toute situation où préserver du rein compromettrait l’exérèse du cancer. Opération plus simple, plus rapide et plus sûre. |
| Ablation percutanée | Une aiguille introduite à travers la peau congèle ou brûle la tumeur, en général sans anesthésie générale. Convient aux petites tumeurs éloignées des voies excrétrices, aux patients âgés et à ceux qui ne peuvent pas être opérés. Moins de complications, davantage de tumeur résiduelle et de récidives, et une surveillance par imagerie plus rapprochée ensuite. |
| Surveillance active | Des examens d’imagerie à intervalles réguliers, avec traitement seulement si la tumeur grossit ou change. Option sérieuse pour les petites masses chez les patients âgés ou porteurs d’autres maladies, et elle cesse d’être raisonnable si vous ne pouvez pas obtenir une imagerie fiable là où vous vivez. |
À quelle lenteur ces tumeurs évoluent réellement
La surveillance mérite mieux que la ligne qu’on lui accorde d’ordinaire, car ces tumeurs sont plus lentes qu’on ne le suppose.
À quelle vitesse les petites tumeurs rénales grossissent réellement
Un registre multicentrique a suivi des patients ayant choisi la surveillance pour de petites masses rénales et a analysé 2 542 mesures d’imagerie provenant de 571 personnes. L’âge médian à l’inclusion était de 70,9 ans et la tumeur médiane mesurait 1,8 centimètre. Les chercheurs ont testé si la croissance s’accélérait avec l’âge, en utilisant des seuils à 65, 70, 75 et 80 ans. L’âge n’était pas associé à la vitesse de croissance en tant que variable continue, et les auteurs concluent que la surveillance est une option sûre et durable pour les patients vieillissants porteurs de ces tumeurs.
Ce qui limite cette option pour un patient international, ce n’est pas la médecine. C’est de savoir si quelqu’un, chez vous, examinera la même tumeur de la même façon tous les six à douze mois, aussi longtemps qu’il le faudra.
L’opération et le clampage
Les chirurgiens réalisent aujourd’hui les deux opérations par de petites incisions dans la grande majorité des services, par voie robotique ou laparoscopique, la voie ouverte étant réservée aux tumeurs très volumineuses et aux atteintes s’étendant dans la grande veine. Deux à quatre heures dans les deux cas.
Atteindre le rein
Les trocarts passent par l’abdomen ou le flanc, l’intestin et son enveloppe sont récliné sur le côté, et le rein est exposé dans l’enveloppe graisseuse qui l’entoure. Une échographie posée sur la surface du rein repère les tumeurs profondes, invisibles de l’extérieur.
Contrôler la vascularisation
L’artère rénale est isolée en premier et, lors d’une néphrectomie partielle, elle peut ensuite être clampée, ce qui arrête le saignement et offre une vue nette pendant l’exérèse de la tumeur, au prix d’une privation d’oxygène du rein aussi longtemps que le clamp reste en place. Le panneau suivant explique si ce compromis vaut la peine d’être fait.
Retirer la tumeur
La tumeur est retirée avec une fine marge de rein normal autour d’elle. Les cancers du rein se développent à l’intérieur d’une capsule, si bien qu’une marge de quelques millimètres suffit ici, là où ailleurs dans le corps on exige des centimètres, ce qui explique qu’autant de rein puisse être préservé.
Reconstruire le rein
Les vaisseaux ouverts et toute brèche des voies excrétrices sont suturés, puis la perte de substance elle-même est réparée et le clamp est retiré. Le saignement et la fuite d’urine sont les deux complications propres à cette étape, et toutes deux sont bien moins fréquentes qu’autrefois.
Avec ou sans clampage, sur 10 154 patients
Une revue systématique avec méta-analyse a regroupé trente-neuf études, dont quatre randomisées, comparant la néphrectomie partielle réalisée avec l’artère clampée à l’opération pratiquée avec le flux sanguin maintenu. Opérer sans clamp entraînait une baisse plus faible de la filtration, avec une différence moyenne de 4 mL par minute, et une perte en pourcentage plus faible. Cela était aussi associé à un risque plus faible de marge chirurgicale positive et de complications postopératoires. Le clampage entraînait moins de pertes sanguines, de 48 mL en moyenne. La différence de transfusion n’a pas atteint la significativité. Les auteurs notent que la plupart des données sous-jacentes sont observationnelles et que l’hétérogénéité entre les études était importante, ce qui place ce résultat entre un signal fort et une question tranchée. Quatre essais randomisés y figurent. Trente-cinq études ne le sont pas. Considérez le sens du résultat comme fiable et les millilitres exacts comme une estimation.
Ce que cette différence vaut pour vous
Quatre millilitres par minute de filtration représentent un gain modeste pour la plupart des gens et un gain réel pour quelqu’un déjà proche d’un seuil. Cela résume tout le débat. Cela explique pourquoi les chirurgiens qui opèrent surtout des reins sains et ceux qui opèrent surtout des reins altérés adoptent des habitudes différentes, sans que l’un ou l’autre ait tort.
Demandez ce que votre chirurgien compte faire et pourquoi, et si un clampage est prévu, combien de temps environ il pense le laisser en place.
Quand la tumeur a envahi la veine
Le cancer du rein a l’habitude inhabituelle de se développer le long de la veine qui draine le rein et de remonter dans la grande veine qui ramène le sang au cœur. Il peut atteindre le foie, le diaphragme, parfois le cœur lui-même.
Cela paraît condamné et ne l’est souvent pas.
Pourquoi la situation est moins désespérée qu’il n’y paraît
S’étendre le long d’une veine n’est pas la même chose que se disséminer par la circulation sanguine et, à condition que la tumeur ne se soit pas implantée ailleurs, retirer le rein avec la colonne tumorale située dans la veine offre une véritable chance de guérison. Cela devient une entreprise lourde, par voie ouverte plutôt que par voie coelioscopique, impliquant des chirurgiens vasculaires et parfois une circulation extracorporelle lorsque la tumeur atteint le cœur, et cela relève d’un service qui en réalise plusieurs par an plutôt qu’une par décennie.
Lorsqu’un compte rendu mentionne un thrombus tumoral, demandez jusqu’où il remonte et combien d’opérations à ce niveau l’équipe a réalisées, car ces deux réponses comptent ici plus que partout ailleurs sur cette page, et parce que la question du volume d’activité est jugée légitime par les chirurgiens eux-mêmes. Le niveau compte. Les chiffres comptent davantage.
Le traitement après la chirurgie
Pendant des décennies, rien de ce qui était administré après la chirurgie du cancer du rein n’améliorait quoi que ce soit, et les patients étaient simplement surveillés. Cela a changé avec l’immunothérapie, et les hommes comme les femmes dont l’analyse anatomopathologique montre un risque accru de récidive se voient désormais proposer une année d’un médicament qui lève un frein du système immunitaire.
Le médicament fonctionne, et il coûte autre chose que de l’argent.
Ce qu’une année d’immunothérapie adjuvante coûte en effets indésirables
Les données de tolérance ont été regroupées à partir de quatre essais de phase 3 de pembrolizumab adjuvant, dont un dans le cancer du rein après néphrectomie, portant sur 4 125 patients traités pendant environ onze mois par le médicament ou par un placebo. Des effets indésirables liés au traitement sont survenus chez 78,6 pour cent sous médicament contre 58,7 pour cent sous placebo, et des effets sévères chez 16,3 contre 3,5 pour cent. Des effets à médiation immunitaire, c’est-à-dire le système immunitaire attaquant des tissus sains comme la thyroïde, les glandes surrénales ou l’hypophyse, sont survenus chez 36,2 pour cent contre 8,4 pour cent, sévères chez 8,6 contre 1,1 pour cent. Des corticoïdes par voie générale ont été nécessaires chez 35,2 pour cent des personnes concernées. Ces chiffres proviennent de quatre essais regroupés portant sur trois cancers différents, de sorte qu’ils décrivent le médicament et non le cancer du rein en particulier. Le profil est le même dans les quatre essais. C’est cette cohérence qui donne du poids à ces chiffres.
Lire ces chiffres au regard de votre propre risque
Environ un patient sur trois sous ce traitement voit son système immunitaire s’attaquer à un organe sain, et une partie de ces effets sont définitifs, en particulier ceux touchant la thyroïde et les surrénales. Ce prix se justifie lorsque le risque de récidive est réellement élevé et se justifie mal dans le cas contraire, ce qui fait du compte rendu anatomopathologique le document qui tranche, et non une préférence générale pour faire quelque chose.
Établissez quel est réellement votre risque de récidive avant d’accepter une année de quoi que ce soit.
Vivre avec ce qui reste
Perdre un rein ne transforme pas une personne en bonne santé en patient rénal. Le rein restant augmente de volume et prend en charge davantage de travail au cours des mois suivants, si bien que la plupart des gens se stabilisent autour de 70 à 80 pour cent de leur filtration antérieure, et non à la moitié que l’arithmétique laisserait supposer. Rien ne change dans la vie quotidienne pour la grande majorité.
La marge de sécurité, et là où elle se réduit
La marge de sécurité se réduit, et c’est là que les conseils trouvent leur place.
Ce tableau défile latéralement sur un écran étroit. Faites glisser pour voir toutes les colonnes.
| Ce qu’il faut surveiller | Pourquoi cela compte désormais |
|---|---|
| Tension artérielle | Elle compte plus qu’avant, car une tension élevée abîme le rein qui vous reste et il n’y a pas de réserve. C’est la seule chose la plus utile à bien maîtriser. |
| Antalgiques anti-inflammatoires | Leur usage régulier est la cause évitable la plus fréquente de dégradation. Un comprimé occasionnel pour un mal de tête n’appartient pas à la même catégorie qu’un usage quotidien pour un mal de dos. |
| Produits de contraste et ordonnances | Le produit de contraste des examens d’imagerie et plusieurs classes de médicaments courantes nécessitent une dose ou une décision tenant compte de la filtration diminuée, ce qui implique d’en informer chaque médecin que vous consultez. |
| Diabète | Si vous en êtes atteint, son contrôle compte environ deux fois plus qu’avant, car les deux affections abîment les mêmes structures. |
| Sports de contact | Il existe un argument réel, quoique faible, contre ces sports avec un seul rein, et cela mérite une discussion plutôt qu’un présupposé dans un sens ou dans l’autre. |
Boire davantage d’eau ne protège pas un rein. Cette croyance reste très répandue et demeure tout simplement fausse, et l’énergie est mieux employée à surveiller la tension artérielle.
Récupération
La chirurgie rénale par voie coelioscopique se récupère plus vite que la plupart des opérations abdominales, et les patients sont souvent surpris de constater à quel point la première quinzaine se passe simplement, en particulier ceux qui arrivaient en s’attendant à quelque chose de comparable aux opérations abdominales pour cancer décrites ailleurs sur ce site.
- Manger et marcher le jour même ou le lendemain, la plupart des personnes rentrant après deux à quatre nuits.
- La douleur au sommet de l’épaule, due au gaz utilisé pour gonfler l’abdomen, est fréquente, impressionnante et disparaît en quelques jours.
- Du sang dans les urines peut apparaître dans la première quinzaine après une néphrectomie partielle et se résout en général seul, mais il doit être signalé à chaque fois plutôt que surveillé, car le même aspect peut être le premier signe du saignement retardé décrit plus bas.
- Travail de bureau à deux semaines, port de charges lourdes à six semaines, et rien entre les deux qui exige une organisation particulière.
- Une analyse de sang vers six semaines établit le niveau auquel votre filtration s’est stabilisée, et c’est ce chiffre qui sert de base à votre suivi futur.
Les deux choses à reconnaître chez soi
Deux complications propres à la néphrectomie partielle méritent d’être reconnues. Le saignement retardé se manifeste par une douleur brutale avec du sang visible dans les urines, le plus souvent au cours de la deuxième ou troisième semaine, tandis que la fuite d’urine entraîne un écoulement persistant ou une douleur du flanc. Les deux répondent au traitement et les deux doivent être signalées immédiatement plutôt qu’au prochain rendez-vous.
Durée du séjour
Dix à quatorze jours pour une chirurgie coelioscopique de l’un ou l’autre type, et seize à vingt et un jours lorsque la tumeur s’étend dans la veine ou que la voie est ouverte, la différence venant de l’opération et non d’une différence dans la rapidité avec laquelle on se sent bien. Le risque de saignement retardé après une néphrectomie partielle explique pourquoi la durée la plus courte n’est pas plus courte encore.
Le bilan dure deux à trois jours, pendant lesquels l’imagerie est revue ici et non acceptée sur un simple compte rendu, la fonction rénale est mesurée, et une scintigraphie de fonction séparée est ajoutée lorsque l’autre rein est douteux. Une biopsie à l’aiguille, lorsqu’elle est indiquée, est réalisée dans cette période et son résultat prend deux à quatre jours. Le séjour hospitalier est de deux à quatre nuits pour la chirurgie coelioscopique et de cinq à huit pour la chirurgie ouverte avec atteinte veineuse. Puis une semaine supplémentaire à proximité, couvrant le contrôle de la cicatrice, la discussion des résultats anatomopathologiques, une analyse de sang confirmant que le rein se stabilise là où il doit, et la conversation sur l’indication éventuelle d’un traitement adjuvant. Cette dernière discussion est celle à laquelle les patients sont le moins préparés, puisqu’elle arrive quand l’opération semble déjà terminée.
Quand vous êtes autorisé à prendre l’avion
Environ dix jours après une chirurgie coelioscopique et deux à trois semaines après une opération ouverte, une fois les plaies sèches, les urines claires et les analyses rénales cessant d’évoluer dans le mauvais sens, ce qui n’est pas la même chose qu’être normales et correspond à la condition réellement vérifiée. Lorsqu’une immunothérapie adjuvante est recommandée, réglez avant votre départ la question de savoir si elle sera administrée ici ou chez vous, car elle dure un an et la commencer tard est pire que de passer une journée de plus à l’organiser correctement. Faites-le au moment du bilan. Pas dans le service, l’après-midi précédant votre vol.
Ce qui fait varier le coût
La néphrectomie partielle et la néphrectomie radicale sont des opérations différentes dont le coût se comporte différemment, ce qui surprend ceux qui supposent qu’enlever moins coûte moins. Sept éléments font bouger le chiffre.
- Partielle ou radicale, puisque conserver du rein prend plus de temps, nécessite plus d’instruments et comporte un taux de complications plus élevé.
- Robotique, laparoscopique ou ouverte, le temps de console et les instruments robotiques à usage unique étant la plus grande variable isolée.
- Le fait que la tumeur atteigne ou non la veine, ce qui transforme une opération urologique en une opération conjointe avec les chirurgiens vasculaires.
- La biopsie à l’aiguille préalable, et son analyse anatomopathologique.
- L’échographie peropératoire, l’imagerie de fluorescence et les matériaux hémostatiques utilisés sur la tranche de section du rein.
- La durée du séjour, plus longue après une néphrectomie partielle pour des raisons de risque hémorragique et non de maladie.
- L’analyse anatomopathologique de la pièce entière, y compris les marqueurs qui déterminent si un traitement adjuvant est proposé.
Le poste qui éclipse l’opération
Pour les patients qui en ont besoin, une année d’immunothérapie adjuvante pèse plus lourd que tout le reste de cette page réuni. Cela ne compte jamais comme un coût chirurgical et ne figure jamais sur un devis chirurgical, de sorte que découvrir après coup que personne ne l’avait intégré dans ses calculs est un choc fréquent et parfaitement évitable. Abordez la question au moment du bilan, avant l’opération, que l’on vous ait déjà dit ou non que vous en aurez probablement besoin.
Les forfaits proposés ici couvrent habituellement les transferts, le bilan, les honoraires opératoires, les nuits d’hospitalisation annoncées, un interprète, l’hébergement et les rendez-vous précédant votre vol. En dehors se trouvent les vols, l’assurance, les nuits supplémentaires, le traitement d’une complication et tout traitement adjuvant.
Cinq questions à poser avant d’accepter un chiffre
Le chiffre suppose-t-il une néphrectomie partielle ou radicale, et qu’est-ce qui change si le chirurgien doit convertir pendant l’opération. La biopsie à l’aiguille et son analyse sont-elles incluses. Que se passe-t-il financièrement si un saignement impose un retour au bloc ou une embolisation. Les analyses de suivi avant le départ sont-elles comprises dans le chiffre. Et quelqu’un a-t-il chiffré le traitement adjuvant, ou suppose-t-on que c’est le problème de quelqu’un d’autre.
Rien de tout cela n’a de sens tant qu’un urologue n’a pas examiné vos images réelles. Cet avis est gratuit.
Une fois rentré chez vous
Le cancer du rein exige un suivi plus long qu’on ne le pense, car il peut récidiver tardivement et le fait parfois plus de dix ans après une opération à laquelle tout le monde avait cessé de penser. Attendez-vous à des examens d’imagerie du thorax et de l’abdomen à des intervalles fixés par votre stade et votre grade, ainsi qu’à des analyses de sang pour la fonction rénale, pendant au moins cinq ans et souvent bien plus longtemps lorsque l’anatomopathologie vous place dans une catégorie de risque plus élevée.
Cinq documents doivent repartir avec vous, en anglais, car le médecin qui organisera tout cela n’était pas au bloc opératoire.
- Le compte rendu opératoire, précisant si le rein a été retiré en entier ou en partie, et si l’artère a été clampée et pendant combien de temps.
- Le compte rendu anatomopathologique complet, avec le sous-type, le grade, la taille, le stade, l’état des marges et la présence éventuelle d’une composante sarcomatoïde.
- Votre catégorie de risque de récidive et le calendrier de surveillance qui en découle, avec les intervalles d’imagerie écrits noir sur blanc.
- La valeur de référence de la fonction rénale, c’est-à-dire le débit de filtration avant et après, dont chaque futur médecin aura besoin.
- Une liste écrite des médicaments et des doses qui doivent désormais être ajustés, pour qu’un médecin vous traitant pour autre chose n’ait pas à le reconstituer.
Contactez-nous ici en cas de douleur brutale du flanc, de sang visible dans les urines après la première quinzaine, de fièvre, d’une plaie qui s’ouvre ou d’un débit de filtration qui continue de baisser au lieu de se stabiliser à un nouveau niveau, car la différence entre un rein qui trouve son rythme et un rein qui se dégrade est une tendance sur trois analyses de sang plutôt qu’un résultat isolé. Contactez-nous également pour tout symptôme inhabituel pendant l’immunothérapie adjuvante, en particulier fatigue, soif, vertiges ou troubles du transit, car les effets indésirables immunitaires sont bien plus faciles à prendre en charge tôt et sont souvent minimisés par des personnes qui ignorent que vous recevez ce médicament. Portez une carte ou une note sur votre téléphone indiquant que vous avez un seul rein, ou une partie de rein. Rien d’autre que vous puissiez faire pour vous-même ne compte autant dans un service d’urgences, où que ce soit dans le monde, car les premières décisions prises pour une personne qui ne peut pas parler pour elle-même concernent les doses de médicaments et le produit de contraste, et toutes deux dépendent de la quantité de rein présente.
Questions fréquentes sur la chirurgie du cancer du rein
Dois-je avoir une biopsie avant l’opération ?
Vaut-il mieux retirer une partie du rein ou la totalité ?
Une petite tumeur du rein peut-elle être simplement surveillée ?
À quoi sert le clampage de la vascularisation ?
Aurai-je besoin d’un traitement après la chirurgie ?
Combien de temps dois-je rester, et comment vais-je me sentir avec un seul rein ?
References
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Note de l'éditeur
Rédigé par l'équipe éditoriale médicale de Biruni Hospital. Vérifié par Dr Emir NEKAY, Chirurgie générale.
Vérifié médicalement par

Dr Emir NEKAY
Chirurgie générale
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