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Lobectomie par VATS pour le cancer du poumon
Chirurgie thoracique

Lobectomie par VATS pour le cancer du poumon

À propos de ce département

 
CHIRURGIE THORACIQUE

Retirer moins de poumon a laissé deux fois plus de cancer dans le thorax. La survie à cinq ans a pourtant été meilleure.

L’essai JCOG0802 a randomisé 1 106 patients porteurs de tumeurs de stade clinique IA de deux centimètres ou moins, entre le retrait du lobe entier et le retrait d’un seul de ses segments. La rechute locale a atteint 10,5 pour cent après segmentectomie et 5,4 pour cent après lobectomie. La survie globale à cinq ans a été de 94,3 pour cent contre 91,1 pour cent, en faveur de l’intervention la plus limitée, et l’essai a atteint son seuil de supériorité.

94,3 % contre 91,1 %
Survie à cinq ans, segmentectomie contre lobectomie, pour des tumeurs de deux centimètres ou moins
RR 0,74
Complications hospitalières de la lobectomie mini-invasive contre la chirurgie ouverte, chez 503 patients randomisés
38 % contre 63 %
Patients ayant une douleur significative au premier jour après chirurgie mini-invasive contre thoracotomie
Gratuit
Avis écrit sur vos images et vos comptes rendus avant votre voyage
Consultation gratuite

Une expression, deux décisions distinctes

Le terme lobectomie par VATS désigne deux choix à la fois. On dit rarement aux patients qu’il s’agit de deux choix séparés. La manière dont le chirurgien entre dans le thorax est une décision, et la quantité de poumon retirée en est une autre.

Comment le chirurgien entre
Des incisions mini-invasives avec une caméra, ou une longue incision avec écartement des côtes. Cette question a été tranchée par des essais randomisés, et la réponse est la voie mini-invasive.
Quelle quantité de poumon est retirée
Un lobe entier, ou un seul segment de lobe. Cette question a reçu une réponse beaucoup plus récente, et ce n’était pas celle que l’on attendait.

Confondre les deux conduit les patients dans le mauvais débat. Lire que la chirurgie mini-invasive est meilleure ne vous apprend rien sur la nécessité de retirer un lobe ou un segment, et s’entendre dire qu’une lobectomie est nécessaire ne vous apprend rien sur la façon dont elle sera réalisée. Ce sont deux discussions différentes, appuyées sur des preuves différentes.

Pourquoi cette distinction compte lors de la consultation

Tout ce qui suit sépare ces deux décisions, puis les rassemble.

La question de la voie d’abord, et pourquoi elle est tranchée

La chirurgie pulmonaire mini-invasive s’est diffusée dans le monde entier pendant deux décennies sur la base de données observationnelles, ce qui constitue un fondement plus fragile qu’il n’y paraît. Deux essais randomisés l’ont finalement évaluée correctement.

Faites glisser le tableau latéralement sur un écran étroit.

Deux comparaisons randomisées entre chirurgie mini-invasive et ouverture du thorax
Essai Ce qui a été comparé Ce qui a été observé
206 patients, Danemark, patients et évaluateurs en aveugle Lobectomie mini-invasive à quatre orifices contre thoracotomie antérolatérale pour une maladie de stade I Une douleur cliniquement significative dans les 24 premières heures a touché 38 pour cent des patients après chirurgie mini-invasive et 63 pour cent après thoracotomie. Les épisodes de douleur modérée à sévère sont restés moins fréquents sur une année entière. La qualité de vie mesurée par l’un des deux questionnaires était meilleure.
503 patients, neuf hôpitaux britanniques, aveugle maintenu jusqu’à la sortie Une à quatre incisions mini-invasives sans écartement costal contre une incision unique avec écartement des côtes La fonction physique rapportée par les patients à cinq semaines était meilleure après chirurgie mini-invasive. Durée médiane d’hospitalisation de quatre jours contre cinq. Les complications avant la sortie ont diminué d’environ un quart, tandis que le passage à un stade ganglionnaire supérieur, la survie globale et la survie sans progression étaient identiques.

Ce que ces deux essais ont mesuré, et ce qu’ils n’ont pas mesuré

Le résultat carcinologique n’a pas changé et tout le reste a changé. C’est ce qui a tranché la question, et c’est aussi pourquoi un chirurgien qui propose aujourd’hui une intervention ouverte doit en donner une raison précise.

De telles raisons existent. Une tumeur envahissant la paroi thoracique, une tumeur centrale située sur l’artère pulmonaire, des adhérences denses après une infection ou une chirurgie antérieure, et la nécessité d’une résection en manchon orientent toutes vers l’ouverture du thorax. Aucune de ces situations n’est un échec technique. Un chirurgien qui n’ouvre jamais un thorax sélectionne les patients au lieu de les traiter.

Quelle quantité de poumon est retirée, et le résultat qui a surpris la spécialité

La lobectomie est l’intervention de référence du cancer du poumon depuis qu’un essai des années 1990 a montré que les résections plus limitées récidivaient davantage. Cet essai était de petite taille, il était antérieur à l’imagerie moderne, et il a clos la question pendant trente ans. Deux essais l’ont rouverte.

Deux essais randomisés ont rouvert une question qu’une seule petite étude avait close trente ans plus tôt, et ils l’ont rouverte dans le sens que personne n’attendait.

L’essai japonais, qui a montré une supériorité

JCOG0802 a inclus 1 106 patients dans 70 établissements au Japon, tous porteurs d’une maladie de stade clinique IA, de tumeurs de deux centimètres ou moins, et d’un rapport consolidation sur tumeur supérieur à 0,5 sur un scanner en coupes fines, ce qui revient à dire que la tumeur était solide et non en verre dépoli. La randomisation a attribué la moitié des patients à une lobectomie et l’autre moitié à une segmentectomie. Avec un suivi médian de 7,3 ans, la survie globale à cinq ans a été de 94,3 pour cent après segmentectomie et de 91,1 pour cent après lobectomie, avec un rapport de risque de 0,663 qui atteignait le seuil de supériorité et pas seulement celui de non-infériorité. La survie sans récidive s’est établie à 88 pour cent dans les deux bras. Et la rechute locale a été deux fois plus fréquente après l’intervention la plus limitée, 10,5 pour cent contre 5,4 pour cent, cette différence atteignant par elle-même la signification statistique plutôt que d’apparaître comme du bruit. Trois résultats issus d’un même essai, tirant dans trois directions différentes, et une seule explication les réunit tous les trois.

Ces trois résultats ne s’assemblent que d’une seule façon. La segmentectomie a laissé davantage de maladie dans le thorax et les patients ont tout de même vécu plus longtemps, parce que davantage de patients opérés d’une lobectomie sont morts d’autre chose que d’un cancer du poumon.

Cela a été rapporté directement et non déduit. Parmi les décès survenus après lobectomie, 63 pour cent étaient dus à d’autres maladies. Après segmentectomie, 47 pour cent. La fonction pulmonaire à un an différait de 3,5 pour cent du VEMS prédit en faveur de la segmentectomie, un écart que les investigateurs avaient défini à l’avance comme inférieur au seuil qu’ils auraient jugé cliniquement significatif, de sorte que le mécanisme n’est pas simplement que les patients respiraient mieux ensuite. Ce que décrivent ces chiffres, c’est une population dans laquelle une intervention plus limitée a laissé les personnes mieux armées pour survivre aux vingt années suivantes de tout ce qui tue par ailleurs les septuagénaires. Personne n’avait prévu une telle forme de résultat, et cela explique pourquoi cet essai a modifié la pratique alors que son homologue américain n’a fait que confirmer la sécurité. La mortalité compétitive est une expression peu séduisante pour le résultat le plus lourd de conséquences de la décennie en chirurgie des cancers du poumon de stade précoce, et elle signifie quelque chose de concret pour un patient assis en consultation. Le poumon que vous conservez travaille pour les vingt années qui suivent la disparition du cancer.

L’essai américain, qui a montré une non-infériorité

CALGB 140503 a randomisé 697 patients porteurs de tumeurs de deux centimètres ou moins, après avoir confirmé pendant l’intervention que les ganglions hilaires et médiastinaux étaient indemnes. La résection infralobaire s’est révélée non inférieure à la résection lobaire pour la survie sans maladie, avec un rapport de risque de 1,01, une survie sans maladie à cinq ans de 63,6 pour cent contre 64,1 pour cent et une survie globale à cinq ans de 80,3 pour cent contre 78,9 pour cent. Le VEMS prédit à six mois était supérieur de deux points de pourcentage pour l’intervention la plus limitée. Les profils de récidive ne différaient pas notablement. Aucun signal n’allait en sens inverse.

Deux essais, deux conceptions, deux populations différentes, et la même direction. Pour une petite tumeur solide avec des ganglions indemnes, le lobe n’est plus automatiquement la réponse.

Quelle intervention pour quelle tumeur

Ce qui fait pencher la décision d’un côté ou de l’autre

Faites défiler le tableau latéralement si votre écran est étroit.

Les éléments qui tranchent entre un lobe, un segment et une résection plus large
Situation Intervention habituelle Pourquoi
Tumeur solide de deux centimètres ou moins, périphérique, ganglions indemnes La segmentectomie est désormais un premier choix raisonnable Deux essais randomisés la soutiennent, l’un montrant une meilleure survie globale et l’autre une survie sans maladie non inférieure
Tumeur de plus de deux centimètres, ou centrale Lobectomie Aucun des deux essais n’a évalué les tumeurs plus volumineuses ou centrales, donc les preuves en faveur d’une résection plus limitée ne les concernent pas
Tout ganglion atteint découvert avant ou pendant l’intervention Lobectomie avec curage ganglionnaire complet Les deux essais exigeaient une maladie sans atteinte ganglionnaire. Une atteinte ganglionnaire modifie l’intervention et conduit habituellement à un traitement complémentaire
Tumeur franchissant une scissure ou occupant plus d’un lobe Une résection plus large, parfois une pneumonectomie L’anatomie en décide et aucune technique n’y change rien
Fonction pulmonaire limite Segmentectomie lorsque le cancer le permet, ou radiothérapie plutôt que chirurgie Préserver du tissu pulmonaire compte le plus précisément chez les patients qui en ont le moins à perdre

Regardez à nouveau cette dernière ligne, qui rejoint une décision distincte. Pour une petite tumeur périphérique chez une personne qui ne peut pas du tout être opérée, la radiothérapie stéréotaxique est une véritable alternative, appuyée sur ses propres données randomisées, et elle doit figurer dans la discussion avant qu’un patient limite ne soit orienté vers une chirurgie qu’il pourrait ne pas tolérer.


Les ganglions, là où une intervention mini-invasive peut discrètement être insuffisante

Retirer la tumeur est une première tâche. Le curage ganglionnaire est ce qui révèle le stade réel de la maladie, et le stade décide de la nécessité d’une chimiothérapie ensuite.

Le risque théorique, et ce qu’a montré l’essai

Sur ce point, l’abord par petites incisions comporte un risque théorique réel, car atteindre les stations ganglionnaires par des orifices mini-invasifs est plus difficile que de les atteindre par un thorax ouvert. L’essai VIOLET a abordé cette question directement et a constaté que le passage d’une maladie cliniquement sans atteinte ganglionnaire à une maladie avec atteinte ganglionnaire à l’examen anatomopathologique survenait au même taux dans les deux bras, ce qui est la mesure qui compte, car une intervention mini-invasive qui laisserait passer des ganglions positifs en montrerait moins. Cette réassurance vaut pour un curage adéquat réalisé par un chirurgien qui pratique cette intervention régulièrement, et elle n’est pas une propriété des instruments. Les stations ganglionnaires ne deviennent pas plus accessibles parce que les incisions sont petites, donc ce que l’essai a démontré, c’est que des chirurgiens expérimentés les abordent aussi bien par des orifices, ce qui est une affirmation différente de celle selon laquelle la voie d’abord ne change rien pour quiconque s’y essaie.

À quoi ressemble un curage adéquat
Un prélèvement ou un curage des stations hilaires et médiastinales de ce côté, avec les stations nommées dans le compte rendu d’anatomopathologie et le nombre de ganglions consigné. Un compte rendu qui indique seulement ganglions négatifs ne vous dit pas ce qui a été examiné.
Ce qu’il faut demander ensuite
Le nombre de ganglions retirés, le nombre de stations prélevées et le stade anatomopathologique. Ces trois chiffres décident si un traitement adjuvant est discuté et ils doivent figurer dans votre propre exemplaire du compte rendu.

Obtenez le nombre de ganglions. C’est le chiffre le plus informatif de tout le compte rendu opératoire, et presque personne ne le demande.

Robotique ou thoracoscopique

Les patients posent constamment cette question. Ce que les preuves soutiennent est plus limité que le discours commercial.

Un essai randomisé monocentrique a inclus 320 patients, comparant la lobectomie assistée par robot à la lobectomie vidéo-assistée. La durée d’hospitalisation était identique. Les taux de complications aussi. Aucun décès périopératoire dans l’un ou l’autre bras. Le débit de drainage thoracique était plus élevé dans le groupe robotique. Le coût de l’hospitalisation était nettement plus élevé dans le groupe robotique, de plus de moitié en plus. Le groupe robotique a bien prélevé davantage de ganglions, avec une médiane de 11 contre 10, davantage de ganglions N1 et davantage de stations ganglionnaires examinées, et ces trois différences atteignaient la signification statistique.

Comment lire ces résultats

Un ganglion supplémentaire à la médiane est une différence réelle et modeste, et savoir si elle se traduit par de meilleurs résultats à long terme est précisément ce à quoi l’essai ne pouvait pas répondre, puisqu’il ne rapportait que des résultats à court terme. Les deux approches utilisent un abord mini-invasif et toutes deux évitent l’écartement des côtes, d’où vient le bénéfice important par rapport à la chirurgie ouverte, de sorte que choisir entre elles sur la seule plateforme revient à choisir sur les preuves les plus faibles de la spécialité. Choisissez plutôt en fonction de l’intervention que votre chirurgien pratique la plupart des semaines de l’année. C’est la meilleure preuve disponible pour un patient donné, elle est facile à demander, et elle a la propriété gênante d’être une question à laquelle aucune brochure ne répond. Le volume d’activité n’est pas un équivalent de la compétence et c’est le meilleur indicateur dont dispose un patient, ce qui est inconfortable à écrire et utile à savoir avant de choisir où se faire retirer un lobe.

Un ganglion supplémentaire à la médiane, pour un coût nettement plus élevé, sans différence mesurée de durée d’hospitalisation ni de complications. C’est l’ensemble des données randomisées sur cette question.

Renseignez-vous sur le nombre d’interventions de ce type que le chirurgien réalise par an. Cette réponse prédit votre résultat mieux que l’équipement.

Votre aptitude à l’intervention

Le cancer du poumon et une fonction pulmonaire altérée ont une cause commune, de sorte qu’une grande partie des patients qui ont besoin de cette intervention sont ceux qui peuvent le moins se permettre de perdre du poumon.

  1. Épreuves fonctionnelles respiratoires. Spirométrie pour le VEMS et mesure du transfert gazeux pour la DLCO, toutes deux exprimées en pourcentage de la valeur prédite puis ajustées selon la quantité de poumon que l’intervention prévue va retirer.
  2. Épreuve d’effort lorsque les chiffres sont limites. Montée d’escaliers, test de marche navette ou épreuve d’effort cardiorespiratoire formelle, car une performance mesurée vaut mieux qu’une valeur prédite.
  3. Évaluation cardiaque, puisque les facteurs de risque de maladie coronarienne et de cancer du poumon se recoupent presque entièrement.
  4. Arrêt du tabac, qui réduit les complications pulmonaires et compte davantage lorsque l’intervention est avancée que lorsqu’elle est reportée.
  5. Préhabilitation si le délai le permet. Deux à quatre semaines d’exercice structuré avant l’intervention améliorent la condition physique mesurée et valent la peine d’être organisées quand le calendrier le permet.

Ce que signifient réellement des chiffres limites

Faites le calcul pour l’intervention qui vous est réellement proposée

Des chiffres limites ouvrent une discussion sur une résection plus limitée ou sur la radiothérapie, et ils ne sont pas automatiquement une raison de refuser la chirurgie. Un VEMS postopératoire prédit qui paraît marginal pour une lobectomie peut paraître confortable pour une segmentectomie, ce qui est l’une des conséquences pratiques des essais présentés plus haut, et le calcul doit être fait pour l’intervention précise qui est proposée et jamais pour la lobectomie en général.

L’intervention elle-même, et la possibilité d’une conversion

Anesthésie générale, une sonde d’intubation qui permet à l’anesthésiste d’affaisser le poumon opéré, et une sonde urinaire. Vous serez installé sur le côté.

Les cinq étapes à l’intérieur du thorax

  1. Deux à quatre petites incisions, habituellement de un à quatre centimètres, placées entre les côtes sans les écarter. Une caméra passe par l’une et les instruments par les autres.
  2. La branche de l’artère pulmonaire, la veine et la bronche qui alimentent le lobe ou le segment sont chacune sectionnées et fermées, le plus souvent avec une agrafeuse chirurgicale.
  3. La pièce opératoire est extraite par l’une des incisions dans un sac.
  4. Les stations ganglionnaires sont prélevées ou curées et étiquetées séparément.
  5. Un drain thoracique est mis en place par une incision existante, et le poumon est réexpandu sous contrôle visuel avant la fermeture.

Deux à quatre heures couvrent la plupart des cas. Une durée plus longue arrive souvent et n’annonce rien de mauvais.

Conversion en intervention ouverte

Entre un vingtième et un dixième des lobectomies mini-invasives prévues deviennent des interventions ouvertes, et les raisons en sont un saignement, des adhérences denses, une tumeur plus centrale que prévu, ou une disposition anatomique qui ne peut pas être traitée en sécurité par les orifices. Le consentement à une intervention mini-invasive est un consentement à cette éventualité, et un chirurgien qui convertit lorsque l’intervention l’exige fait preuve de jugement plutôt que d’échec. La mauvaise incitation est bien réelle ici, car un chirurgien qui rapporte un taux de conversion très bas est soit exceptionnellement habile, soit exceptionnellement sélectif dans le choix de ses patients, soit persévérant dans des situations où il aurait dû ouvrir le thorax, et seule la première de ces trois explications est une bonne nouvelle. Posez-lui la question directement. Un chirurgien à l’aise avec cette question vous donnera son taux de conversion et les raisons des derniers cas, tandis qu’un chirurgien mal à l’aise vous aura répondu quand même, mais pas avec des mots destinés à être entendus.

Le drain thoracique, la fuite d’air et les jours d’hospitalisation

L’essentiel de ce qui se passe après une lobectomie tient à un seul tube.

Un drain évacue l’air et le liquide de l’espace où se trouvait le lobe, et permet au poumon restant de s’étendre pour le combler. Il est retiré une fois la fuite d’air arrêtée et le débit de liquide diminué, et tout le reste de la récupération en découle, y compris le jour de votre retour à la maison. Tout.

Jour zéro et jour un
Se mettre assis le jour même et marcher le lendemain matin. Exercices respiratoires toutes les heures en période d’éveil. Un contrôle de la douleur visant à vous permettre de tousser correctement, car un patient qui ne peut pas tousser développe une infection pulmonaire.
La fuite d’air
Un bullage d’air provenant de la tranche de section pulmonaire est normal pendant un jour ou deux. Une fuite qui dure au-delà de cinq jours est la cause la plus fréquente d’un séjour prolongé, et dans l’essai danois elle a concerné 14 patients opérés par voie mini-invasive et 9 patients opérés par thoracotomie, sur une centaine environ dans chaque groupe.
Le retour à la maison
La durée médiane du séjour était de quatre jours dans l’essai britannique après chirurgie mini-invasive et de cinq après chirurgie ouverte. Certains patients sortent au deuxième jour et d’autres restent une quinzaine de jours, et c’est le drain qui en décide.
Ce qui doit faire revenir
Un essoufflement qui s’aggrave au lieu de s’améliorer, de la fièvre, une plaie rouge ou qui coule, et un gonflement nouveau d’une jambe. Chacun de ces signes impose un appel téléphonique le jour même.

Pourquoi la marche compte plus que le repos

Rien dans cette liste ne s’améliore en restant immobile. La marche précoce est l’intervention dont l’effet sur les complications pulmonaires après chirurgie du poumon est le plus net, et les journées passées dans un fauteuil plutôt qu’au lit sont celles qui raccourcissent le séjour.


La respiration après l’intervention, et ce qui récupère réellement

Un lobe représente du cinquième au tiers d’un poumon, selon lequel. Les patients s’attendent à ressentir cette perte de façon permanente et la plupart ne la ressentent pas, ce qui demande une explication et non une affirmation.

Le poumon restant s’étend dans l’espace libéré pendant que le diaphragme et la paroi thoracique s’adaptent, de sorte que la fonction pulmonaire mesurée à six ou douze mois récupère au-delà de ce qu’une simple soustraction arithmétique laisserait prévoir. L’essai japonais a situé la différence de VEMS prédit à un an entre le retrait d’un lobe et le retrait d’un segment à 3,5 points de pourcentage, un écart que les investigateurs avaient défini à l’avance comme inférieur au seuil qu’ils auraient jugé cliniquement significatif. L’essai américain a situé l’écart équivalent à six mois à deux points de pourcentage, en faveur de l’intervention la plus limitée dans les deux cas, et avec une marge qu’aucune des deux équipes n’a considérée comme suffisante pour guider la décision à elle seule. Il en ressort deux essais qui s’accordent pour dire que l’argument respiratoire en faveur d’une résection plus limitée est réel et modeste, et que l’argument de survie, là où il existe, passe par autre chose que la seule fonction pulmonaire. Cela vaut la peine d’être dit clairement, car on dit généralement le contraire aux patients.

Ce que cela signifie au quotidien

Semaines une à quatre
Essoufflement dans les escaliers et fatigue sans rapport avec l’effort fourni. C’est la phase que les patients trouvent la plus inquiétante et c’est l’évolution attendue.
Mois deux et trois
L’essentiel de la récupération se fait ici. La distance de marche augmente régulièrement et les incisions cessent de dicter vos mouvements.
Six à douze mois
Proche d’un plateau. Une personne dont la fonction pulmonaire était normale auparavant retrouve en général ses activités antérieures. Une personne déjà limitée perçoit davantage la différence et en conserve une partie.
Douleur nerveuse
Un engourdissement, des picotements ou une bande de brûlure le long d’une côte sont fréquents et s’améliorent habituellement en quelques mois. La chirurgie mini-invasive les réduit par rapport à l’écartement des côtes mais ne les supprime pas.

La réadaptation respiratoire après l’intervention aide, et elle est proposée bien moins souvent qu’elle ne devrait l’être. Demandez une orientation avant votre sortie, car les programmes existants sont bien plus facilement proposés aux patients ayant fait un infarctus qu’à quelqu’un qui vient de perdre un lobe pulmonaire.

Ce dont il faut se méfier

Une plateforme présentée comme le traitement
La lobectomie robotique et la lobectomie thoracoscopique ont donné des résultats comparables dans le seul essai randomisé qui les a comparées, pour un coût nettement supérieur avec le robot. Le chirurgien compte plus que la machine.
Une intervention ouverte proposée sans raison
Deux essais randomisés favorisent l’abord mini-invasif sur la douleur, les complications et la récupération, sans pénalité carcinologique. Il existe de vraies raisons d’ouvrir un thorax et chacune peut s’énoncer en une phrase.
Une segmentectomie proposée pour une tumeur que les essais n’ont pas étudiée
Les preuves concernent les tumeurs solides de deux centimètres ou moins avec des ganglions indemnes. Les étendre à des tumeurs plus volumineuses ou centrales, c’est les pousser au-delà de ce qui a été évalué.
Un taux de conversion nul
Habileté remarquable, ou sélection remarquable des patients. Déterminez de quoi il s’agit, et découvrez ce qui se passe si votre propre intervention doit être convertie en cours de route.
Aucun nombre de ganglions dans le compte rendu
Le stade décide de la nécessité d’une chimiothérapie. Un compte rendu d’anatomopathologie qui ne précise pas ce qui a été examiné laisse cette décision sur un terrain incertain.

Et un point qui va dans l’autre sens

Un dernier point, qui va dans l’autre sens. Méfiez-vous de quiconque traite une lobectomie comme une intervention mineure parce que les incisions sont petites, car l’intervention à l’intérieur du thorax est identique et la récupération se compte en mois.

Se faire opérer loin de chez soi

La chirurgie pulmonaire se prête au voyage mieux que la plupart des traitements du cancer, parce qu’il s’agit d’une seule hospitalisation et non d’un cycle, et elle s’y prête mal sur un point précis.

Combien de temps vous devez rester sur place

Comptez deux à trois jours de bilan avant l’intervention, quatre à sept jours d’hospitalisation ensuite pour la plupart des patients, et encore une semaine à dix jours sur place avant de prendre l’avion. Cela donne un séjour réaliste d’environ deux semaines et demie à trois semaines. Une fuite d’air prolongée est ce qui allonge ce délai, donc le vol de retour doit pouvoir être réservé et non réservé d’avance, et l’hébergement doit être prévu pour plus longtemps que la durée attendue. Le point précis sur lequel cette chirurgie se prête mal au voyage est que le compte rendu d’anatomopathologie arrive après votre retour, et c’est l’anatomopathologie qui décide de la nécessité d’une chimiothérapie, donc l’organisation de cette discussion doit exister avant votre départ. Décidez qui lira l’anatomopathologie avec vous et comment cette personne vous joindra, et notez-le avant l’intervention plutôt qu’après, car un compte rendu qui arrive par courriel sans personne pour l’expliquer est la façon dont une décision de chimiothérapie adjuvante se retrouve repoussée d’un mois.

Ce qu’il faut envoyer en premier
Scanner thoracique, PET-CT, tout compte rendu de biopsie, épreuves fonctionnelles respiratoires, et une liste des médicaments incluant les anticoagulants. Une intervention ne peut pas être planifiée sans les chiffres de la fonction pulmonaire.
Aptitude à prendre l’avion
Le vol est en général sûr à partir d’environ deux semaines après une chirurgie pulmonaire sans complication, et il demande une autorisation spécifique en cas de fuite d’air, d’espace aérien résiduel sur la radiographie thoracique, ou de pneumothorax. Demandez cette autorisation par écrit.
Un accompagnant
Fortement conseillé. La première semaine à la maison comporte des exercices respiratoires, de la marche et des antalgiques à horaires fixes, et faire tout cela seul dans une ville inconnue est difficile.
Langues et formalités
Sept langues sont prises en charge directement, à savoir l’anglais, l’arabe, le français, le russe, le serbe, le roumain et l’espagnol, et toute autre langue est assurée par un interprète réservé à l’avance. Un seul coordinateur gère le calendrier, et une lettre à l’appui d’une demande de visa est fournie une fois la date d’intervention fixée.

Le suivi une fois rentré chez vous

Une fois rentré chez vous, c’est la transmission des documents qui prend le relais. Le compte rendu opératoire indiquant quel lobe ou quel segment a été retiré et quelles stations ganglionnaires ont été examinées, le compte rendu d’anatomopathologie complet avec le nombre de ganglions et le stade anatomopathologique, la radiographie de sortie, et une conclusion écrite précisant si un traitement adjuvant est recommandé et selon quel calendrier. Toute personne qui vous suit chez vous a besoin de ces quatre documents dès votre retour. La question du traitement adjuvant est celle qui dérape lorsqu’un patient rentre avant que l’anatomopathologie ne soit définitive. La surveillance par imagerie se poursuit ensuite pendant des années selon un calendrier qui doit être écrit avant votre départ.


Comment se construit un devis pour cette intervention

Aucun prix ne figure sur cette page. Personne ne peut chiffrer une intervention avant d’avoir lu les examens d’imagerie et les épreuves fonctionnelles respiratoires, donc ce qui suit expose la structure d’un devis ligne par ligne.

Faites glisser le tableau latéralement sur un petit écran.

Où va l’argent dans une résection pulmonaire mini-invasive
Ligne du devis Ce qu’elle recouvre
L’intervention Chirurgien, anesthésiste, temps de bloc opératoire et agrafeuses et dispositifs de scellement, qui représentent dans cette intervention un vrai coût de consommables et non un détail négligeable.
La plateforme L’assistance robotique coûte nettement plus cher que les instruments thoracoscopiques et a donné des résultats comparables dans la seule comparaison randomisée, donc cette ligne mérite une question.
Temps en réanimation ou en surveillance continue Habituellement une nuit, parfois aucune, occasionnellement plusieurs. Les devis diffèrent selon que ce poste est inclus ou facturé à part.
Durée d’hospitalisation Quatre à sept jours dans le cas habituel, davantage en cas de fuite d’air prolongée, et c’est la ligne la plus susceptible d’évoluer après coup.
Anatomopathologie et stadification Examen de la pièce opératoire et de chaque station ganglionnaire, ce qui produit le stade qui décide de l’étape suivante.
Imagerie et bilan avant et après PET-CT, épreuves fonctionnelles respiratoires, évaluation cardiaque et clichés de sortie.

Six lignes, et celle à vérifier avant toutes les autres

Ce qu’un devis omet

Déterminez ce qu’il advient du montant si le séjour se prolonge ou si l’intervention est convertie en chirurgie ouverte, car un devis bâti sur une évolution sans complication et muet sur l’alternative n’a pas répondu à la question qui compte. Les fuites d’air prolongées sont fréquentes. Posez la question.

Questions fréquentes sur la lobectomie VATS

La chirurgie mini-invasive est-elle aussi efficace que la chirurgie ouverte contre le cancer lui-même ?

Oui, selon les données disponibles. Dans l’essai britannique de 503 patients, le passage à un stade ganglionnaire supérieur, la survie globale et la survie sans progression étaient identiques dans les deux bras, tandis que la douleur, les complications et la durée d’hospitalisation étaient toutes en faveur de l’abord mini-invasif. Le résultat carcinologique était précisément ce que l’essai était conçu pour ne pas compromettre, et il ne l’a pas été.

Dois-je demander une segmentectomie plutôt qu’une lobectomie ?

C’est une question légitime pour une tumeur solide périphérique de deux centimètres ou moins avec des ganglions indemnes, situation où les preuves sont désormais solides, et c’est une question à laquelle les essais ne peuvent pas répondre en dehors de cette description, ce qui laisse votre imagerie et vos ganglions en décider. Abordez-la en consultation. Attendez une réponse précise.

Quelle part de ma respiration vais-je perdre ?

Moins que ne le suggère l’arithmétique. La fonction pulmonaire mesurée à six ou douze mois récupère bien au-delà d’une simple soustraction, car le poumon restant s’étend dans l’espace libéré. L’essai japonais a situé la différence de VEMS prédit à un an entre le retrait d’un lobe et celui d’un segment à 3,5 points de pourcentage, en dessous du seuil que les investigateurs qualifiaient de cliniquement significatif. Une personne dont la fonction pulmonaire était normale auparavant retrouve une activité normale dans la plupart des cas.

Combien de temps vais-je rester à l’hôpital ?

Quatre jours, soit la médiane de l’essai britannique après lobectomie mini-invasive, contre cinq après chirurgie ouverte, le drain thoracique en décidant et une fuite d’air prolongée étant la raison habituelle d’un séjour d’une semaine ou plus. Certains sortent au deuxième jour.

Le robot est-il meilleur ?

Pas selon les données. Dans un essai randomisé de 320 patients, la durée d’hospitalisation et les complications étaient comparables, le coût était nettement plus élevé pour le robot, et le groupe robotique a prélevé un ganglion de plus à la médiane. Les deux utilisent un abord mini-invasif. Le nombre d’interventions de ce type que réalise votre chirurgien compte plus que les instruments qu’il tient.

Aurai-je besoin d’une chimiothérapie ensuite ?

C’est l’anatomopathologie qui en décide et non l’intervention. Le stade vient de la pièce opératoire et des ganglions, donc la réponse arrive une à deux semaines après la chirurgie, ce qui signifie que toute personne voyageant pour cette intervention doit organiser à l’avance qui aura cette discussion et où elle aura lieu.

Que se passe-t-il si l’intervention mini-invasive doit devenir une intervention ouverte ?

Cela arrive dans un cas sur vingt à un cas sur dix des interventions prévues, pour un saignement, des adhérences ou l’anatomie, et c’est une décision de jugement prise pour votre sécurité. Le consentement le couvre. Demandez ce que fait le chirurgien dans cette situation, et pour votre récupération cela signifie un séjour plus long et plus de douleur, sans aucune pénalité sur le résultat carcinologique.

Références

  • Saji H, Okada M, Tsuboi M, Nakajima R, Suzuki K, Aokage K, et al. Segmentectomy versus lobectomy in small-sized peripheral non-small-cell lung cancer (JCOG0802/WJOG4607L). A multicentre, open-label, phase 3, randomised, controlled, non-inferiority trial. Lancet. 2022;399(10335):1607-1617.
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Note de l'éditeur

Rédigé par l'équipe éditoriale médicale de Biruni Hospital. Vérifié par Ramazan Acıroğlu, Chirurgie générale.

Vérifié médicalement par

Ramazan Acıroğlu

Ramazan Acıroğlu

Chirurgie générale

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