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Ergothérapie
Médecine physique et de réadaptation

Ergothérapie

À propos de ce département

 
Ergothérapie

Parmi 319 personnes âgées en difficulté dans les tâches quotidiennes, un pour cent de celles qui ont reçu une ergothérapie et une kinésithérapie à domicile sont décédées en 14 mois. Dans le groupe non traité, le chiffre était de dix pour cent.

Cet essai randomisé mené à Philadelphie a appris à des personnes de 70 ans et plus à résoudre les problèmes de la toilette, de la cuisine, des escaliers et du relever après une chute, et il a modifié leur logement pour rendre ces tâches plus sûres (Gitlin et collègues, Journal of the American Geriatrics Society, 2006). Rien de tout cela n’était un médicament ni une opération. L’ergothérapie est la profession qui s’occupe de ce qu’une personne a besoin et envie de faire chaque jour, de tenir une cuillère à reprendre un emploi, et elle traite ensemble la personne, la tâche et l’environnement. Cette page explique ce que fait un ergothérapeute, en quoi ce travail diffère de la kinésithérapie, qui il aide, en quoi consiste un programme, ce que montre la recherche avec ses limites, et comment les patients venant de l’étranger peuvent organiser une prise en charge à l’Hôpital universitaire Biruni à Istanbul.

29
Pour cent de risque en moins de décès, de dégradation ou de dépendance dans les activités quotidiennes après une ergothérapie pour AVC
42
Essais randomisés sur la thérapie par contrainte induite du bras après un AVC, avec 1 453 participants
1 contre 10
Pour cent de mortalité sur 14 mois avec et sans prise en charge à domicile dans l’essai de Philadelphie
Gratuit
Examen de vos comptes rendus et de vos objectifs de vie quotidienne
Consultation gratuite

Ce que fait un ergothérapeute

Le mot occupation prête à confusion. Ici, il ne désigne pas un emploi. Il désigne tout ce qui occupe la journée d’une personne, et l’ergothérapeute est un clinicien formé à restaurer ces activités lorsque la maladie, une blessure, un handicap ou l’âge les ont fait disparaître.

La question n’est jamais seulement de savoir si le bras bouge. Elle est de savoir si le bras peut boutonner une chemise, tenir un téléphone, signer un nom, couper du pain.
1
Restaurer
Rééduquer le corps et le cerveau. La force et la dextérité d’une main après un AVC ou une fracture, l’attention et la mémoire après une lésion cérébrale, l’équilibre et la confiance après une chute.
2
Adapter
Changer la façon dont une tâche est réalisée lorsque la récupération complète est peu probable. S’habiller d’une seule main, cuisiner en économisant l’énergie en cas d’insuffisance cardiaque, une autre prise pour une articulation douloureuse.
3
Équiper et aménager
Fournir les outils et l’environnement. Orthèses, couverts adaptés, barres d’appui, siège de douche, fauteuil roulant correctement réglé, poste de travail réorganisé, domicile évalué pièce par pièce.
 

Les ergothérapeutes exercent dans les hôpitaux, les unités de rééducation, les consultations externes, les écoles, les lieux de travail et au domicile des patients, et le lieu façonne le travail autant que le diagnostic.

Ergothérapie et kinésithérapie

Les patients rencontrent les deux professions après un AVC, une fracture ou un séjour en réanimation, et les deux se recoupent en partie. Le cœur de chacune est différent.
Deux professions comparées
Question Kinésithérapie Ergothérapie
Axe principal Mouvement, force, équilibre, marche, douleur Activités quotidiennes, fonction de la main et du bras, fonctions cognitives, adaptation
Objectif type Marcher 50 mètres avec une canne Se rendre à la salle de bains, se laver et s’habiller seul
Lieu type Salle de rééducation, tapis de marche, barres parallèles Cuisine, salle de bains, atelier, domicile du patient
Outils Exercice, thérapie manuelle, électrostimulation Pratique des tâches, orthèses, matériel adapté, aménagement du domicile et du lieu de travail
Terrain commun Transferts du lit au fauteuil, rééducation du membre supérieur, prévention des chutes Les mêmes, planifiés ensemble dans un seul programme

Rééducation de la main

La rééducation de la main et du poignet après une fracture, une réparation tendineuse, une lésion nerveuse, des brûlures ou une arthrite est une spécialité à part entière, pratiquée par des ergothérapeutes ayant une formation complémentaire et, dans certains pays, par des kinésithérapeutes. Elle associe des orthèses sur mesure fabriquées sur place en thermoplastique, la prise en charge des cicatrices et de l’œdème, des exercices progressifs et le réapprentissage des prises du quotidien.

Aucune des deux professions ne prime sur l’autre. Un patient qui a besoin des deux doit bénéficier des deux, la même semaine, avec des thérapeutes qui se parlent.
L’ergothérapie est-elle la même chose que la réadaptation professionnelle ?
La réadaptation professionnelle en est une partie. Les ergothérapeutes évaluent si une personne peut reprendre un emploi, quels aménagements le rendraient possible et comment augmenter progressivement les heures, et ils travaillent avec les employeurs sur ces deux points. L’essentiel de leur travail concerne toutefois les activités ordinaires du domicile et des soins personnels.

Qui elle aide

Toute personne dont les activités quotidiennes ont été perturbées, à tout âge. Les motifs ci-dessous représentent la plupart des orientations.
1
Affections neurologiques
AVC, lésion cérébrale, lésion de la moelle épinière, sclérose en plaques, maladie de Parkinson et démence. Fonction de la main, cognition, sécurité et autonomie.
2
Affections orthopédiques et rhumatologiques
Fractures, prothèse articulaire, lésions de la main et des tendons, polyarthrite rhumatoïde et arthrose, où la protection articulaire, les orthèses et les méthodes adaptées préservent la fonction.
3
Cancer, maladies cardiaques et pulmonaires, maladie grave
Gestion de la fatigue, économie d’énergie et reprise progressive de l’activité après un traitement long ou un séjour en réanimation.
 
Objectifs courants selon l’affection
Affection Objectifs types Méthodes
AVC S’habiller, manger et se laver avec une main, puis deux. Utiliser le bras atteint dans les tâches quotidiennes Pratique spécifique des tâches, thérapie par contrainte induite, thérapie miroir, orthèses, visite à domicile
Fracture de hanche ou du poignet chez une personne âgée Se laver, cuisiner et monter les escaliers en sécurité. Pas de nouvelle chute Matériel, apprentissage des techniques, évaluation des risques au domicile, équilibre et force avec le kinésithérapeute
Lésion cérébrale Attention, mémoire et planification dans des tâches réelles. Reprise des études ou du travail Rééducation cognitive, routines structurées, reprise progressive
Polyarthrite rhumatoïde Moins de douleur dans les mains, articulations protégées, maintien au travail Éducation à la protection articulaire, orthèses de repos et de travail, outils adaptés
Démence Autonomie plus longue à domicile, moins de charge pour l’aidant Routines simplifiées, repères dans l’environnement, formation de l’aidant
Douleur ou fatigue chronique Un rythme d’activité tenable Gestion du rythme, économie d’énergie, activité progressive

À quoi ressemble un programme

Un programme commence par une conversation. Quelles activités manquent le plus à la personne. Tout ce qui suit sert ces objectifs.

  1. Évaluation. Le thérapeute observe la personne réaliser des tâches réelles, mesure la force de la main, les amplitudes articulaires, la sensibilité, la coordination et les fonctions cognitives, et interroge sur le domicile, le travail et les habitudes. Les outils standards comprennent l’indice de Barthel, la Mesure canadienne du rendement occupationnel et des tests spécifiques de la main et de la cognition.
  2. Fixation des objectifs. Deux ou trois objectifs formulés avec les mots du patient, avec une date. « Préparer moi-même mon petit-déjeuner avant la fin mars. »
  3. Séances de traitement. Habituellement 45 à 60 minutes, quotidiennes en hospitalisation ou une à deux fois par semaine en consultation externe, pendant six à douze semaines dans un programme type.
  4. Programme à domicile. Des exercices et des tâches pratiqués chaque jour entre les séances, car c’est la répétition qui change le cerveau et la main.
  5. Bilan et sortie. Les objectifs sont mesurés à nouveau, le matériel est vérifié en situation, et un programme écrit se poursuit à domicile.

Ce que contient une séance

  • La pratique de la tâche réelle, décomposée en étapes puis reconstruite, dans une cuisine, une salle de bains ou un atelier aménagés à cet effet.
  • Des exercices pour la main et le bras, souvent avec des objets de la vie quotidienne plutôt qu’avec du matériel de salle de rééducation.
  • La fabrication et l’ajustement des orthèses, et l’apprentissage du moment où les porter.
  • Un travail cognitif, comme des stratégies de mémoire, la planification de courses, la gestion de l’argent et des médicaments.
  • L’essai du matériel, afin que la chaise de douche ou le couteau adapté soit le bon avant d’être acheté.
  • La formation du proche qui aidera à domicile.

Ce que montre la recherche

Les preuves en faveur de l’ergothérapie sont réelles et elles sont modestes, et une page honnête dit les deux.

Une revue Cochrane sur l’ergothérapie pour les activités quotidiennes après un AVC a regroupé neuf essais randomisés et 994 participants. Les patients qui en ont bénéficié obtenaient de meilleurs scores dans les activités personnelles de la vie quotidienne et avaient un risque inférieur de 29 pour cent de mauvaise évolution, c’est-à-dire décès, dégradation ou dépendance dans ces activités, et ils étaient plus autonomes dans les activités plus larges comme les courses et le ménage (Legg et collègues, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2017). Les auteurs ont jugé le niveau de preuve faible, car ni les patients ni les thérapeutes ne peuvent être mis en aveugle pour ce type de traitement et parce que les essais étaient peu nombreux. Une seconde revue Cochrane s’est intéressée à la thérapie par contrainte induite, dans laquelle le bon bras est immobilisé plusieurs heures par jour pour forcer l’utilisation du bras faible. Sur 42 essais et 1 453 participants, elle a amélioré la mobilité et la fonction du bras, mais le gain en matière d’incapacité était plus faible et pas statistiquement convaincant, et les informations sur les effets à long terme étaient rares (Corbetta et collègues, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2015). L’essai de Philadelphie cité en haut de cette page est le plus frappant, avec une mortalité de 1 pour cent contre 10 sur 14 mois chez 319 personnes âgées, et ses auteurs ont qualifié ce résultat de préliminaire. Prises ensemble, ces études indiquent que l’ergothérapie améliore de façon fiable ce que les personnes sont capables de faire, que l’ampleur de l’effet dépend de la quantité de pratique fournie par le patient, et que les promesses de guérisons spectaculaires doivent être accueillies avec la même prudence que les affirmations selon lesquelles elle ne sert à rien.

Quelle quantité de thérapie faut-il ?
Plus de pratique produit plus de gain, dans les limites fixées par la fatigue. La recherche sur l’AVC suggère que la différence entre un effet faible et un effet utile se mesure en dizaines d’heures supplémentaires au cours des premiers mois, et que c’est le programme à domicile qui fournit la plupart de ces heures.

Les enfants

En quoi consiste l’ergothérapie pédiatrique ?
Le jeu est l’occupation de l’enfant, au même titre que l’alimentation, l’habillage, l’écriture et l’école. Les thérapeutes travaillent avec des enfants atteints de paralysie cérébrale, de retard de développement, d’autisme, de troubles du traitement sensoriel, de trouble de la coordination ou ayant subi une blessure, ainsi qu’avec des bébés prématurés qui apprennent à s’alimenter. Les séances ressemblent à des jeux et reposent sur les mêmes principes de pratique et d’adaptation. Les parents apprennent à poursuivre le travail à la maison, et le thérapeute se coordonne avec l’école sur l’assise, les outils d’écriture et les routines de la classe.

Domicile et travail

1
La visite à domicile
Un thérapeute parcourt le logement avec le patient et sa famille, observe les moments à risque et recommande le plus petit changement qui rend chacun d’eux sûr.
2
L’évaluation du poste de travail
Le bureau, les outils, les horaires et les tâches sont examinés, les aménagements sont convenus avec l’employeur, et une reprise progressive est planifiée.
 
  1. Salle de bains. Barres d’appui près des toilettes et dans la douche, siège de douche, rehausseur de toilettes, sol antidérapant.
  2. Cuisine. Objets d’usage fréquent à hauteur de taille, tabouret assis-debout, support bascule-bouilloire, planches pour une seule main.
  3. Chambre et escaliers. Lit à la bonne hauteur, seconde rampe, éclairage sur le trajet vers la salle de bains la nuit.
  4. Se déplacer. Une aide à la marche ou un fauteuil roulant correctement réglé, une évaluation pour la conduite, un plan pour les transports en commun.
  5. Communication. Téléphone, médaillon d’alarme et un système de gestion des médicaments que le patient peut utiliser seul.

Les orthèses, et pourquoi la pratique l’emporte sur le matériel

Deux choses surprennent les nouveaux patients.

D’abord l’orthèse. Les ergothérapeutes en fabriquent beaucoup à la main, pendant la séance, à partir d’une plaque de plastique qui ramollit dans l’eau chaude et qui est moulée directement sur le poignet ou les doigts en quelques minutes. Une orthèse de repos maintient une articulation dans une position sûre la nuit. Une orthèse de fonction la soutient dans la journée pour qu’un pouce douloureux puisse encore ouvrir un bocal. Une orthèse dynamique utilise des ressorts ou des élastiques pour mobiliser un doigt raide qui a été réparé. Le thérapeute ajuste chacune d’elles à mesure que l’œdème diminue et que le mouvement revient, en rognant un bord ici et en réchauffant une courbe là, si bien que l’orthèse de la sixième semaine ressemble peu à celle de la première. Une orthèse achetée toute faite s’ajuste rarement aussi bien et fait rarement autant.

Vient ensuite la découverte du peu d’importance du matériel à côté de la pratique, une leçon que chaque thérapeute a vu un patient apprendre à ses dépens et qu’aucune brochure de robot de rééducation n’a jamais imprimée. Une main récupère en étant utilisée, des centaines de fois par jour, dans des tâches qui comptent pour la personne. Les robots, la réalité virtuelle et l’électrostimulation aident tous en rendant les répétitions plus faciles ou plus intéressantes. Aucun d’eux n’agit sur une main qui reste posée sur les genoux entre les séances. C’est le programme à domicile qui soigne. Les séances l’enseignent.

Quinze minutes, quatre fois par jour, valent mieux qu’une heure héroïque.

Venir de l’étranger

L’ergothérapie se prête bien au voyage lorsqu’elle fait partie d’un séjour de rééducation. Seule, elle s’y prête moins, car une grande part de son travail se passe au domicile du patient. Le schéma habituel pour les patients internationaux est un bloc intensif, en hospitalisation ou en consultation externe quotidienne à Istanbul, de deux à six semaines, pendant lequel les objectifs sont fixés, la fonction de la main et les gestes du quotidien sont travaillés plusieurs heures par jour, les orthèses et le matériel sont fabriqués et ajustés, la famille est formée, et un programme à domicile est rédigé pour la suite. Envoyez le compte rendu de sortie, les comptes rendus d’imagerie et la liste des médicaments. Ajoutez une courte vidéo du patient en train de s’habiller, de manger et de se déplacer. Une minute de film vaut mieux qu’une page de notes. L’équipe de rééducation examine le dossier sans frais. La réponse présente les objectifs, un programme et la durée du séjour. Un coordinateur du bureau des patients internationaux s’occupe de l’organisation depuis le premier message jusqu’à la sortie et répond au même numéro WhatsApp une fois que vous êtes rentré chez vous, lorsque des questions se posent sur le programme à domicile. Le bureau travaille en anglais, arabe, français, russe, serbe, roumain et espagnol et réserve des interprètes pour les séances, ce qui compte dans le travail cognitif. Il organise la lettre d’invitation pour le visa, les transferts depuis l’aéroport, les transports quotidiens et l’hébergement près de l’hôpital. Les chambres disposent d’un lit accompagnant, la cuisine prépare des repas halal, végétariens et adaptés au diabète ainsi que des textures modifiées en cas de troubles de la déglutition, et la diététicienne et l’ergothérapeute planifient ces repas ensemble lorsque l’alimentation fait elle-même partie des objectifs. Une salle de prière est sur place, et une demande de thérapeute ou de médecin femme est satisfaite chaque fois que le planning le permet. Seul l’état médical limite le vol. Le thérapeute rédige une transmission pour les confrères du pays d’origine, avec les objectifs atteints et les suivants.

Coût

Le devis suit l’examen du dossier et dépend du caractère hospitalier ou ambulatoire du programme, du nombre de séances par jour, et du matériel ou des orthèses fournis. Les hôpitaux de ce marché facturent l’ergothérapie à la séance ou dans le cadre d’un forfait hebdomadaire de rééducation.

Vérifiez ce qu’inclut une séance et si les matériaux d’orthèse et le matériel sont facturés séparément.

Références

  1. Gitlin LN, Hauck WW, Winter L, Dennis MP, Schulz R. Effect of an in-home occupational and physical therapy intervention on reducing mortality in functionally vulnerable older people, preliminary findings. J Am Geriatr Soc. 2006;54(6):950-955.
  2. Legg LA, Lewis SR, Schofield-Robinson OJ, Drummond A, Langhorne P. Occupational therapy for adults with problems in activities of daily living after stroke. Cochrane Database Syst Rev. 2017, Issue 7, CD003585.
  3. Corbetta D, Sirtori V, Castellini G, Moja L, Gatti R. Constraint-induced movement therapy for upper extremities in people with stroke. Cochrane Database Syst Rev. 2015, Issue 10, CD004433.

Note de l'éditeur

Rédigé par l'équipe éditoriale médicale de Biruni Hospital. Vérifié par Dr Nazire BAĞATIR, Médecine physique et de réadaptation.

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