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Pose d’une chambre implantable veineuse centrale
Chirurgie générale

Pose d’une chambre implantable veineuse centrale

À propos de ce département

Une chambre implantable est l’un des rares dispositifs en médecine que vous devez garder pendant des années, et elle est posée en une demi-heure environ par une personne que vous ne reverrez sans doute jamais. Presque tout ce qui se passera mal ensuite s’est joué pendant cette demi-heure, dans le choix de la veine et la façon dont l’aiguille est entrée, ou se joue après, dans la manière dont le dispositif est piqué et rincé semaine après semaine. Cette page porte sur ces décisions et sur ce que chacune d’elles coûte, d’après les mesures disponibles. Les chambres implantables sont très bien étudiées pour un matériel de ce type, avec des essais randomisés portant sur la veine, la technique, la préparation cutanée, les antibiotiques et la solution de rinçage, et ces essais contredisent assez souvent la pratique habituelle pour mériter d’être lus.

Consultation gratuite

Demandez comment votre chambre implantable sera posée et où se situera l’extrémité du cathéter

Envoyez votre diagnostic et votre plan de traitement en précisant les médicaments prévus, toute chirurgie ou radiothérapie antérieure du thorax ou du cou, tout cathéter central antérieur et ce qu’il est devenu, une note sur tout trouble de la coagulation ou tout anticoagulant, ainsi que toute imagerie thoracique récente avec les fichiers d’images. Un chirurgien examine le dossier et vous indique quelle veine convient, si l’échographie et la vérification de la position de l’extrémité font partie du protocole ici, et quel sera le rythme des rinçages après votre retour à la maison. Sans frais, sans engagement, et une coordinatrice vous répond dans votre langue, en général le jour ouvrable même.

Ce qui se joue dans la première heure

Deux choses se décident pendant que vous êtes sur la table. La première est de savoir si l’aiguille trouve la veine proprement, ce qui détermine si vous repartez avec un pneumothorax ou un hématome du cou. La seconde est l’endroit où l’extrémité du cathéter vient se placer dans votre thorax, ce qui influence la fiabilité du dispositif pendant les deux années suivantes. Ni l’une ni l’autre ne vous sont visibles ensuite, et les deux sont consignées dans votre compte rendu opératoire.

En regroupant 35 études et 5 108 patients, guider l’aiguille par échographie plutôt que par repères anatomiques a réduit les complications totales avec un risque relatif de 0,29, les ponctions artérielles accidentelles avec un risque relatif de 0,28 sur 22 essais et 4 388 patients, et les hématomes avec un risque relatif de 0,27. Le succès à la première tentative a augmenté avec un risque relatif de 1,57, et le nombre moyen de tentatives a diminué de plus d’une.

Les mêmes auteurs, en examinant la veine située sous la clavicule plutôt que celle du cou, ont trouvé un effet de même sens, avec une ponction artérielle à un risque relatif de 0,21 et un hématome à 0,26 sur trois essais et 498 patients. Les deux revues portent sur les cathéters centraux de tous types plutôt que spécifiquement sur les chambres implantables, et le geste physique étudié est identique. Ce qu’aucune des deux revues ne peut vous dire, c’est quelle part de ce bénéfice subsiste entre les mains d’un opérateur qui n’a jamais utilisé les repères anatomiques, car les essais comparaient des techniques et non des opérateurs. Ce que l’on peut dire, c’est que l’effet est important, qu’il a été retrouvé à plusieurs reprises dans des essais de toutes tailles, et qu’aucun argument sérieux ne lui a été opposé depuis vingt ans, ce qui le place dans la petite catégorie des questions chirurgicales réellement tranchées.

Chaque décision et son coût

Huit décisions sont prises au sujet de votre chambre implantable, quatre avant votre réveil et quatre de façon répétée aussi longtemps que vous la gardez. Ce tableau résume toute la page.

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Les décisions qui façonnent une chambre implantable et ce que les données disent de chacune
Décision Quand elle est prise Ce que montrent les données
Échographie ou repères anatomiques Au bloc opératoire L’effet le plus important et le plus constant de cette page. Les complications ont baissé d’environ soixante-dix pour cent sur 35 essais.
Dénudation ou ponction Au bloc opératoire La dénudation avait un rapport de cotes de 0,27 pour le pneumothorax chez 1 159 patients randomisés, et elle échoue plus souvent.
Quelle veine Au bloc opératoire Dans le seul essai randomisé mené chez des porteurs de chambre implantable, le site n’a rien changé aux complications.
Où s’arrête l’extrémité Au bloc opératoire L’extrémité remonte d’environ 20 millimètres lorsque vous vous levez, ce qui explique pourquoi la position sur votre radiographie ne dit pas tout.
Préparation cutanée À chaque ponction La chlorhexidine alcoolique a fait mieux que l’iode dans un essai de 2 349 patients de réanimation, avec un rapport de risque de 0,15 pour l’infection.
Antibiotiques lors de la pose Une seule fois Aucun bénéfice. Cinq essais chez 360 adultes donnent un risque relatif de 0,72 avec un intervalle de confiance croisant un.
Héparine ou sérum physiologique À chaque rinçage Un essai de 765 patients a établi que le sérum physiologique n’est pas inférieur. Un second essai de 415 patients n’a pas pu l’établir.
Fréquence des rinçages Toutes les quelques semaines Les données en faveur d’un espacement à trois mois existent et sont plus fragiles qu’elles n’en ont l’air. Voir la section ci-dessous.

Ce qu’est une chambre implantable

Un boîtier sous la peau
Un petit réservoir, à peu près de la taille d’une pièce de monnaie et épais de quelques millimètres, est placé dans une loge créée sous la peau du haut du thorax ou parfois du bras. Sa face supérieure est un disque épais de silicone conçu pour être piqué des centaines de fois et se refermer à chaque fois. Rien ne traverse la peau, et c’est tout l’intérêt du dispositif, ce qui explique qu’une chambre implantable expose à moins d’infections qu’un cathéter dont l’extrémité reste à l’extérieur du corps.
Un cathéter qui rejoint le cœur
Depuis le boîtier, un tube souple chemine sous la peau, entre dans une grosse veine et rejoint le point où la veine cave supérieure rencontre l’oreillette droite. Cette destination n’est pas arbitraire. Le débit sanguin y est assez rapide pour diluer immédiatement les médicaments, ce qui permet d’administrer des produits qui détruiraient une veine du bras.
Une aiguille coudée à angle droit
La ponction se fait avec une aiguille particulière dont la pointe est façonnée pour ne pas découper un fragment du disque de silicone. Une aiguille hypodermique ordinaire abîme le septum et raccourcit la durée de vie du dispositif. C’est l’une des raisons pour lesquelles une chambre implantable doit être piquée par une personne formée, et pourquoi vous devez le signaler si quelqu’un prend le mauvais matériel.

Quelle veine

Ce qu’a montré l’essai en réanimation

La plupart des données citées sur le site veineux proviennent d’un essai ayant randomisé 3 471 cathéters chez 3 027 patients de réanimation entre la veine sous la clavicule, la veine du cou et la veine de l’aine. Les taux de complications étaient respectivement de 1,5, 3,6 et 4,6 pour 1 000 jours-cathéter. Comparée à la voie sous-clavière, la voie fémorale avait un rapport de risque de 3,5 avec un intervalle de confiance de 1,5 à 7,8, et la voie jugulaire un rapport de risque de 2,1, significatif avec une valeur p de 0,04. La voie sous-clavière a payé son avantage en pneumothorax, avec treize cas nécessitant un drain thoracique contre quatre dans le groupe jugulaire. Cet essai portait sur des cathéters de courte durée chez des patients gravement malades, et une chambre implantable gardée deux ans chez une personne recevant une chimiothérapie toutes les trois semaines, c’est une autre situation. La durée de maintien, la raison de la pose et l’état de la personne diffèrent, et chacun de ces éléments pourrait inverser le classement des sites, raison pour laquelle cet essai figure ici comme élément de contexte plutôt que comme consigne.

Ce qu’a montré l’essai sur les chambres implantables

Un essai randomisé a posé directement la question chez des porteurs de chambre implantable, en répartissant 403 personnes atteintes de cancer entre trois approches, la veine du cou par repères anatomiques, la veine sous-clavière sous échographie et une dénudation chirurgicale de la veine céphalique dans le sillon de l’épaule. Le suivi médian a atteint 356,5 jours. Les complications précoces étaient absentes dans les bras jugulaire et sous-clavier et sont survenues chez 1,5 % du bras dénudation. Des thromboses sont survenues chez quinze, huit et onze patients respectivement, un écart qui semble notable et qui n’a pas atteint la significativité, avec une valeur p de 0,272. La conclusion même de l’essai était que ni le site ni la méthode ne modifiaient les taux de complications précoces ou tardives, et le seul résultat clair était que l’abord sous-clavier échoguidé échouait moins souvent, avec une valeur p de 0,001. Son titre promet un meilleur choix de site d’insertion et ses données n’en fournissent pas, ce qui mérite d’être noté chaque fois que l’article est cité à l’appui d’une veine particulière.

Comment lire ces deux essais ensemble

Avec 403 patients et presque aucune complication précoce, cet essai n’a pas la puissance nécessaire pour détecter une différence entre les sites, si bien que la lecture honnête est qu’aucun avantage d’un site n’a été démontré, et non que tous les sites se valent. Ce qui ressort, c’est que la manière d’entrer dans la veine comptait davantage que la veine choisie, et c’est le fil conducteur des trois sections suivantes. Si votre chirurgien a une préférence établie et sait l’expliquer, ce n’est pas ce point qu’il faut discuter.

Dénudation ou ponction

Il existe deux façons d’introduire le cathéter dans une veine. L’une consiste à pratiquer une petite incision et à le glisser dans une veine sous contrôle visuel direct. L’autre consiste à pousser une aiguille à travers la peau jusqu’à une veine profonde. Un essai allemand portant sur 1 205 patients a tranché une partie de la question et en a laissé une autre ouverte.

  • La dénudation chirurgicale a entraîné moins de pneumothorax. Parmi les 1 159 patients analysés, le rapport de cotes pour le pneumothorax ou l’hémothorax était de 0,27, avec un intervalle de confiance de 0,09 à 0,88 et une valeur p de 0,029. Il s’agissait d’un essai de supériorité et la supériorité a été établie, ce qui mérite d’être précisé car l’essai est classé dans une grande base de données sous une étiquette laissant penser qu’il testait une équivalence.
  • Tout le reste était identique. L’essai n’a rapporté aucune différence significative sur le succès initial, la tolérance, la morbidité globale après la chirurgie, la dose de rayonnement ou la mortalité à trente jours. L’abord fermé était plus rapide. Tout l’argument en faveur de la dénudation repose donc sur une seule complication, et c’est celle dont personne ne veut.
  • La dénudation échoue aussi plus souvent. Une analyse groupée de six essais randomisés couvrant 1 831 patients a trouvé un rapport de cotes de 0,308 pour le pneumothorax en faveur de la dénudation et un rapport de cotes de 2,364 en sa défaveur pour l’échec de la technique prévue, avec un intervalle de confiance de 1,051 à 5,315 qui exclut tout juste un. Ces deux résultats doivent être cités ensemble ou pas du tout.
  • La comparaison n’était pas entièrement équitable. Dans l’essai allemand, le bras ponction correspondait à une ponction sous-clavière sans échoguidage systématique. Compte tenu de ce que montrent les données sur l’échographie, ce n’est pas l’alternative moderne, et les auteurs ont eux-mêmes limité leur conclusion à des cohortes comparables. La synthèse raisonnable est que la dénudation est un bon premier choix et que la ponction échoguidée est le bon recours en cas d’échec.
  • Ces deux articles ne sont pas indépendants. Les 1 159 patients de l’essai randomisé représentent environ deux tiers des 1 831 de l’analyse groupée, et les deux travaux partagent la plupart de leurs auteurs. Les compter comme deux confirmations distinctes du même résultat surestimerait les données, et c’est une erreur à éviter quand un seul résultat porte toute la démonstration.

Pourquoi l’échographie compte

La veine n’est pas là où le manuel le dit
L’anatomie varie, et elle varie davantage chez les personnes ayant perdu du poids, reçu une radiothérapie du cou ou déjà porté des cathéters. La technique par repères anatomiques vise une personne moyenne. L’échographie montre la veine que vous avez réellement, ainsi que l’artère voisine, ce qui explique que la ponction artérielle ait baissé avec un risque relatif de 0,28 sur 22 essais et 4 388 patients.
Moins de tentatives signifie moins de trous
Le nombre moyen de tentatives a diminué de plus d’une, et le succès à la première tentative a augmenté avec un risque relatif de 1,57. Chaque passage supplémentaire de l’aiguille est une occasion de plus de toucher une artère, le poumon ou un nerf, de sorte qu’une technique qui réduit les tentatives réduit les dommages de façon mécanique et non mystérieuse.
On le retrouve aussi dans les séries de pratique courante
Dans une série monocentrique de 796 dispositifs, les quatre pneumothorax sont tous survenus chez les 48 patients opérés par ponction à l’aveugle, et aucun chez les 646 opérés sous échographie ni chez les 102 opérés par dénudation. Cette comparaison n’était pas randomisée et les groupes étaient de tailles très inégales, c’est donc une observation à l’appui plutôt qu’une preuve, et la direction est la même que dans les essais.
Ce qu’il faut vraiment demander
Demandez si l’échographie est utilisée systématiquement ou seulement après l’échec de la première tentative. Ce sont deux pratiques différentes aux résultats différents, et la seconde est fréquente. La réponse prend dix secondes et c’est l’une des rares choses que vous pouvez influencer à l’avance concernant votre pose.

Le cathéter qui se rompt

Un cathéter qui passe entre la clavicule et la première côte est comprimé chaque fois que vous bougez l’épaule. Au fil des mois, cette compression répétée peut user le tube, et l’extrémité libre migre avec le flux sanguin vers le cœur ou l’artère pulmonaire. On appelle cela le syndrome de pincement (pinch-off), et il est propre à la voie passant sous la clavicule.

Dans une série de 1 320 poses de chambres implantables par voie sous-clavière, neuf cathéters se sont rompus et ont embolisé, soit 0,68 %. Seuls deux des neuf présentaient un signe de pincement visible sur les radiographies relues après coup. Huit des neuf se sont manifestés par un gonflement douloureux autour de la chambre pendant une perfusion, et aucun n’a eu de symptôme lié au fragment lui-même. Tous les fragments ont été retirés par une veine de l’aine, et personne n’est décédé.

Dans ce paragraphe, quelque chose compte plus que le chiffre principal, et cela tient en deux points. Le premier est que le signe radiologique d’alerte n’est pas fiable, décrit par les auteurs eux-mêmes comme loin d’être constant, de sorte qu’une radiographie normale n’exclut pas le problème. Le second est ce que les patients ont réellement ressenti, à savoir une douleur et un gonflement au niveau de la chambre pendant une perfusion plutôt que quoi que ce soit de spectaculaire. C’est le symptôme à signaler immédiatement, et c’est le même symptôme qu’un problème beaucoup plus banal, raison pour laquelle il vaut mieux le signaler que poser soi-même un diagnostic.

Les estimations publiées situent l’incidence globale de rupture et d’embolisation entre 0,5 et 1 %, à partir de la littérature générale et non de leur propre cohorte. C’est rare, c’est réparable, et c’est l’un des arguments pour choisir une voie qui ne traverse pas du tout cet espace étroit. La dénudation d’une veine à l’épaule et la ponction de la veine jugulaire interne au cou évitent toutes deux complètement l’espace costoclaviculaire, et c’est un point en leur faveur qui n’a rien à voir avec les essais décrits plus haut.

Ce que rapportent les grandes séries

Cinq séries publiées portant au total sur plus de sept mille dispositifs donnent une image raisonnable de ce qui se passe réellement. Les chiffres varient parce que les populations et les définitions varient, et l’allure générale reste constante.

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Taux de complications rapportés dans les grandes séries monocentriques de chambres implantables
Série et effectif Résultats À savoir
1 008 poses, Allemagne La pose a réussi dans 1 005 cas. Trente-deux complications précoces et 88 tardives, conduisant au retrait dans 11 et 34 cas respectivement. L’infection à 4,7 % et le caillot à 3,6 % étaient les plus fréquents. Pas de groupe témoin, la série ne peut donc pas montrer ce qu’une politique donnée a évité.
2 996 patientes atteintes d’un cancer du sein, Chine Complications tardives chez 5,41 %. Gaine de fibrine autour du cathéter 1,84 %, infection du sang 1,44 %, thrombose veineuse profonde 0,63 %. Aucun décès. Les trois complications citées représentent 117 des 162 événements, donc un quart d’entre eux n’est jamais décrit.
324 chambres implantables, 159 764 jours-cathéter Retrait pour complication dans 8,6 % des cas sur onze ans. Occlusion 2,5 %, déplacement 2,2 %, infection et caillot 1,9 % chacun. Le suivi médian était de 490,6 jours, le chiffre le plus utile de toute la série.
796 dispositifs, Italie Complications lors de la pose dans 7,2 % des cas, et 49 complications tardives ayant imposé le retrait chez 43 patients. Les quatre pneumothorax sont tous survenus dans le sous-groupe le plus petit et le moins guidé, et c’est tout l’intérêt de la série.
815 patients, France, un an Morbidité globale 16,1 %. Retrait pour complication chez 55 patients, en moyenne à 3,7 mois. Les principales causes de retrait étaient l’infection dans 19 cas et l’extériorisation du boîtier à travers la peau dans 14 cas.
1 449 chambres implantables, Taïwan Infection à 0,21 pour 1 000 jours-cathéter, avec des rapports de risque d’environ quatre pour les cancers du sang et pour les cancers de la tête et du cou. Aucun de ces rapports de risque n’a été publié avec un intervalle de confiance, et les données vont de 2002 à 2005.

Questions à emporter

Les six premières relèvent de la discussion avant la pose. Les quatre dernières relèvent de la discussion sur la vie avec le dispositif ensuite.

  1. L’échographie est-elle utilisée systématiquement pour la ponction, ou seulement après l’échec d’une première tentative ?
  2. Quelle veine et quelle technique sont prévues pour moi, et pourquoi celles-là ?
  3. Dites-moi comment la position de l’extrémité du cathéter sera vérifiée avant que je quitte le bloc opératoire.
  4. Recevrai-je une copie du compte rendu opératoire indiquant la veine, la technique et la position de l’extrémité ?
  5. Combien de temps après la pose la chambre implantable sera-t-elle utilisée pour la première fois ?
  6. Quel est votre propre taux de pneumothorax et d’échec de pose pour cette intervention ?
  7. Quelle solution sera utilisée pour le verrou de la chambre, et à quel intervalle lorsque je ne suis pas en traitement ?
  8. Qui est autorisé à la piquer, et que dois-je dire si quelqu’un prend une aiguille ordinaire ?
  9. Quels symptômes doivent me faire appeler le jour même au lieu d’attendre le rendez-vous suivant ?
  10. Quand prévoyez-vous de la retirer, et que se passe-t-il si je préfère la garder plus longtemps ?

Où doit se situer l’extrémité

La cible, et pourquoi c’est une cible

Les cathéters doivent se terminer à la jonction entre la veine cave supérieure et l’oreillette droite. Trop haut, l’extrémité repose contre la paroi veineuse dans un sang plus lent, où les médicaments sont moins dilués et où un caillot se forme plus facilement. Trop bas, elle se trouve dans le cœur. La fenêtre n’est pas énorme, et c’est pourquoi la position est vérifiée avant la fin de l’intervention et non le lendemain matin. Radiologues et chirurgiens décrivent la cible un peu différemment et le résultat pratique est le même, à savoir que l’extrémité doit se trouver dans le tiers inférieur de la veine cave supérieure ou juste à l’entrée de l’oreillette, et qu’une extrémité nettement plus haute est un constat qui appelle une correction plutôt qu’une acceptation.

Le cathéter bouge quand vous bougez

Des chercheurs ont comparé la position de l’extrémité de 62 chambres implantables thoraciques sur des clichés pris en position couchée puis debout, et ont constaté une migration d’environ 20 millimètres vers le haut, une différence avec une valeur p de 0,003. Ce seul résultat explique beaucoup de choses sur les chambres implantables qui semblaient parfaitement positionnées le jour même et qui cessent de donner du reflux sanguin quelques semaines plus tard, et c’est la raison pour laquelle les opérateurs expérimentés visent un peu plus bas que la cible théorique lorsque le patient est allongé. Votre contrôle de position se fait à plat sur une table, puis vous passez le reste de la vie du dispositif en position debout, de sorte qu’une extrémité qui paraissait correcte pendant l’intervention se situe environ deux centimètres plus haut pendant la majeure partie de son usage. La même étude a cherché si les extrémités plus hautes dysfonctionnaient davantage et a rapporté 36 % contre 8 %, mais cette comparaison reposait sur quatre événements contre deux et n’a pas atteint la significativité statistique, avec une valeur p de 0,057. C’est une hypothèse raisonnable et non un fait démontré, et les auteurs l’ont dit eux-mêmes.

Vérifier la position sans radiographie

Il existe une méthode électrique dans laquelle le cathéter lui-même sert d’électrode, la forme du tracé électrique du cœur indiquant à l’opérateur quand l’extrémité a atteint le bon endroit. Dans une étude portant sur 231 adultes ayant reçu une chambre implantable, la proportion de positions idéales de l’extrémité ne différait pas entre cette méthode et le contrôle radioscopique, avec une valeur p de 0,733, même si les deux méthodes étaient utilisées chez les mêmes patients, ce qui en fait une étude de concordance plutôt qu’une comparaison de stratégies. Une étude multicentrique plus large de la technique concordait avec l’imagerie dans 95,8 % des cas, et cette étude a été menée chez des enfants et surtout avec des dispositifs autres que des chambres implantables, elle ne se transpose donc pas directement à un adulte porteur d’une chambre thoracique. Ce que les deux suggèrent, c’est que la méthode électrique est une solution de remplacement raisonnable là où la radioscopie n’est pas disponible, et rien de plus. Aucune des deux études n’a mesuré si les patients allaient mieux ensuite.

Infection

L’infection est la première cause de retrait d’une chambre implantable. Elle atteignait 4,7 % dans une série allemande de 1 008 dispositifs, 1,44 % dans une série chinoise de 2 996 patientes atteintes d’un cancer du sein, et 0,21 pour 1 000 jours-cathéter dans une série taïwanaise de 1 449 chambres implantables. Ces chiffres ne se contredisent pas, ce sont trois façons de compter sur trois durées de suivi différentes, et un taux par jour-cathéter est le seul qui permette de comparer honnêtement les études entre elles. Un pourcentage indique la part de patients ayant eu un problème sans dire sur quelle durée, et comme une chambre implantable gardée deux ans représente environ quatre fois l’exposition d’une chambre gardée six mois, deux pourcentages identiques peuvent décrire des situations très différentes.

Deux interventions ont été correctement testées et elles vont dans des directions opposées. L’antisepsie cutanée fonctionne. Dans un essai portant sur 2 349 patients de réanimation, nettoyer la peau avec de la chlorhexidine alcoolique plutôt qu’avec de la povidone iodée alcoolique a réduit l’infection liée au cathéter de 1,77 à 0,28 pour 1 000 jours-cathéter, soit un rapport de risque de 0,15 avec un intervalle de confiance de 0,05 à 0,41. Un lavage préalable de la peau n’apportait rien. Les réactions cutanées sévères étaient plus fréquentes avec la chlorhexidine, 27 patients contre 7, et ont conduit à l’arrêter chez deux d’entre eux, il vaut donc la peine de signaler une réaction antérieure avant que quiconque prenne le flacon. Cet essai portait sur des cathéters de courte durée chez des patients gravement malades dont le taux d’infection de base est bien supérieur à celui d’une chambre implantable en oncologie, le rapport de risque ne doit donc pas être lu comme un chiffre valable pour les chambres implantables, et le choix d’antiseptique qu’il soutient s’applique chaque fois que votre chambre est piquée.

Donner des antibiotiques avant la pose ne fonctionne pas. En regroupant cinq essais randomisés et 360 adultes, le risque relatif d’infection était de 0,72 avec un intervalle de confiance allant de 0,33 à 1,58 et une valeur p de 0,41. Si un service vous donne systématiquement un antibiotique avant de poser une chambre implantable, il fait quelque chose qui a été testé et dont l’absence d’effet a été constatée. La même revue a bien trouvé un bénéfice au verrou du dispositif par une solution antibiotique plutôt que par de l’héparine, avec un risque relatif de 0,47 et un nombre de sujets à traiter de douze lorsque le taux d’infection de base avoisine 15 %, et ses auteurs ont clairement indiqué que ces données provenaient de 468 participants majoritairement enfants et qu’ils ne pouvaient pas dire si elles s’appliquaient aux chambres entièrement implantées. Cette réserve doit accompagner le résultat à chaque fois, car un verrou antibiotique n’est pas une petite intervention et la population chez laquelle il s’est montré efficace n’est pas celle qui lit cette page.


Caillots

À quelle fréquence cela survient

Le caillot se forme soit sous la forme d’une gaine de fibrine autour du cathéter, fréquente et souvent silencieuse, soit sous la forme d’une thrombose de la veine elle-même, qui fait gonfler le bras et le cou du même côté. Dans les grandes séries ci-dessus, la thrombose veineuse profonde du bras représentait 0,63 % des patients dans l’une, 1,9 % dans une autre et 3,6 % dans une troisième, et une gaine de fibrine autour du cathéter a été retrouvée dans 1,84 % des cas. Le cancer lui-même augmente le risque de caillot, de sorte que distinguer la part du dispositif de celle de la maladie n’est pas simple.

Les anticoagulants préviennent-ils les caillots

Treize essais randomisés portant sur 3 420 personnes atteintes de cancer et porteuses d’un cathéter central ont testé cette question, et la réponse diffère selon le médicament. L’héparine de bas poids moléculaire a réduit les caillots symptomatiques liés au cathéter avec un risque relatif de 0,43 et un intervalle de confiance de 0,22 à 0,81, soit 38 événements de moins pour mille personnes, et les auteurs de la revue ont jugé cette certitude modérée. La warfarine n’a pas eu cet effet, avec un risque relatif de 0,61 dont l’intervalle de confiance allait de 0,23 à 1,64 et incluait donc l’absence totale d’effet. Aucun des deux médicaments n’a réduit la mortalité. En comparaison directe, l’héparine de bas poids moléculaire a entraîné davantage de baisses des plaquettes, avec un risque relatif de 1,69 et un intervalle de confiance de 1,20 à 2,39. Ces treize essais regroupent cathéters tunnelisés, chambres implantables et cathéters du bras, et la revue ne détaille pas les résultats par dispositif, les chiffres décrivent donc les cathéters centraux chez les patients atteints de cancer comme catégorie plutôt que les chambres implantables en particulier, une limite que les auteurs signalent et que la plupart des articles secondaires omettent.

Pourquoi personne n’en donne systématiquement

Éviter 38 caillots pour mille personnes semble utile jusqu’à ce que l’on remarque que la même analyse n’a trouvé aucune réduction de la mortalité et que la contrainte pèse sur tous les patients alors que le bénéfice ne concerne que quelques-uns. Les auteurs de la revue présentent cela comme une balance que le patient doit peser, ce qui est un langage inhabituellement direct pour une revue systématique. Les recommandations ne préconisent pas de prévention systématique, et aucune de ces données ne concerne les anticoagulants oraux plus récents, qui n’étaient pas éligibles pour la revue et n’ont pas été testés dans cette indication.

Héparine ou sérum physiologique

Chaque chambre implantable est rincée après usage et verrouillée avec une solution qui reste dans le cathéter jusqu’à la fois suivante. La question de savoir si cette solution doit contenir de l’héparine se discute depuis trente ans, et le débat n’est pas clos. Quatre études sont habituellement citées et elles ne concordent pas.

Encore un tableau large. Faites-le glisser latéralement sur un écran étroit, car il défile au lieu de se réduire.

Ce que les études sur le rinçage ont réellement conclu
Étude Résultat Conclusion
Randomisée, 765 patients analysés Les problèmes par ponction étaient de 3,70 % avec le sérum physiologique et de 3,92 % avec l’héparine. Risque relatif 0,94, intervalle de confiance 0,67 à 1,32. Non-infériorité établie, par rapport à une limite de 1,4. Sous réserve d’un protocole strict de pose et d’entretien.
Randomisée, 415 patients analysés Vingt-quatre obstructions au retrait, quatorze avec le sérum physiologique et dix avec l’héparine. Une obstruction complète, dans le groupe sérum physiologique. Non-infériorité non établie. Les auteurs indiquent que l’essai n’a pas réussi à la démontrer, bien qu’aucune différence significative n’ait été trouvée.
Analyse groupée, quatre études Portant sur 2 652 cas, chaque comparaison donnant une valeur p supérieure à 0,05. Recommande le sérum physiologique. N’a publié aucune taille d’effet groupée, ses chiffres ne peuvent donc pas être vérifiés.
Avant et après, un hôpital Pendant une pénurie nationale d’héparine, davantage de médicaments fibrinolytiques ont été utilisés et davantage de cathéters du bras ont été remplacés. Favorise l’héparine, et compare des périodes de calendrier plutôt que des groupes randomisés, sur des cathéters du bras plutôt que des chambres implantables.
Le problème de l’exposition Dans le second essai, le suivi médian était de 204 jours avec le sérum physiologique et de 294 jours avec l’héparine. Les obstructions s’accumulent avec le temps, compter les événements bruts entre des bras suivis sur des durées différentes n’est donc pas une comparaison équitable.
Ce que cela donne au total Le sérum physiologique maintient la plupart des chambres implantables perméables à peu près aussi bien que l’héparine et devient de plus en plus le choix par défaut. Un essai l’a prouvé formellement, un autre n’a pas pu, et aucun n’a trouvé de différence réelle d’obstruction.

À quelle fréquence la rincer

Les arguments pour espacer les rinçages

Si vous avez terminé votre traitement et que vous gardez la chambre implantable au cas où la maladie reviendrait, un rinçage toutes les quatre semaines représente douze venues à l’hôpital par an sans autre motif. Une étude coréenne a suivi 154 patients atteints d’un cancer colorectal rincés à un intervalle moyen de 98,4 jours et a constaté que la chambre fonctionnait encore chez 152 d’entre eux, 25 des 30 patients ayant rechuté ayant pu utiliser le dispositif en place sans nouvelle intervention. C’est un résultat réellement utile pour qui envisage une année de rendez-vous mensuels.

Pourquoi ce résultat est plus fragile qu’il n’y paraît

L’étude coréenne a commencé avec 214 patients et en a exclu 60, dont 54 pour non-respect de l’intervalle de rinçage. Autrement dit, toutes les personnes chez qui le rythme de trois mois n’a pas été tenu ont été retirées du décompte avant la mesure du résultat, si bien que les 152 sur 154 sont un résultat conditionné par une observance parfaite et ne peuvent pas être lus comme ce qui se passe en pratique courante. Il n’y avait pas non plus de groupe de comparaison rincé plus souvent, l’étude ne peut donc pas montrer que trois mois valent un mois. Un autre essai randomisé portant sur 143 patients a comparé l’héparine tous les quatre mois, l’héparine tous les deux mois et le sérum physiologique tous les deux mois, et n’a trouvé aucune obstruction avant le dixième mois, où un seul patient a été retiré. Une absence d’événements dans un petit essai n’est pas une démonstration d’équivalence, et le seuil d’équivalence fixé par les auteurs n’a jamais été évalué. Zéro événement est un constat rassurant et ce n’est pas une preuve.

Ce qu’il faut demander avant

Dans quel délai elle sera utilisée
Dans une étude prospective de 815 patients, la morbidité était de 24,4 % lorsque la chambre implantable était utilisée pour la première fois dans les trois jours, de 17,1 % entre quatre et sept jours et de 12,1 % au-delà d’une semaine, avec une valeur p inférieure à 0,01. Lisez ce résultat attentivement, car les patients dont la chambre est utilisée immédiatement sont ceux dont le traitement ne pouvait pas attendre, et l’urgence va de pair avec une maladie plus grave. L’association est réelle et le lien de cause à effet n’est pas établi, considérez donc cela comme une raison de poser la question plutôt que comme une règle à imposer.
Si vous recevrez le compte rendu opératoire
Le compte rendu indique quelle veine a été utilisée, quelle technique, comment la position de l’extrémité a été vérifiée et quel dispositif a été implanté. Si un problème survient dans un autre pays dans deux ans, ce document fait la différence entre une décision simple et une supposition. Demandez-le par écrit avant de partir, dans une langue que vos propres médecins lisent.
Qui la piquera ensuite
Une chambre implantable exige son aiguille propre, une préparation cutanée précise et une technique définie. L’un des deux essais randomisés sur le rinçage a explicitement conditionné sa conclusion à un protocole strict de pose et d’entretien, ce qui est une manière polie de dire que la solution dans la seringue compte moins que la rigueur de la personne qui la tient.
Si des antibiotiques sont prévus, et pourquoi
Les données randomisées groupées indiquent qu’une dose avant la pose ne réduit pas les infections. Si elle est administrée malgré tout, cela mérite une question, moins parce qu’une dose vous nuirait que parce que cela vous renseigne sur la fidélité du service à ses propres données.

Le déroulement de la journée

1
Anesthésie locale et sédation, dans la plupart des cas. Une anesthésie générale n’est en général pas nécessaire. Vous êtes allongé à plat, la tête légèrement déclive, ce qui remplit les veines et les rend plus faciles à aborder en sécurité. La zone est nettoyée, et la chlorhexidine alcoolique est la préparation qui dispose des meilleures données randomisées.
2
La veine est abordée, idéalement avec la sonde d’échographie dans l’autre main. Soit par une petite incision sur une veine à l’épaule, soit par une aiguille dans une veine profonde. C’est l’étape où les complications dont parle cette page surviennent ou non.
3
Une loge est créée et le boîtier y est placé. Une incision de deux ou trois centimètres, en général à deux travers de doigt sous la clavicule, positionnée de sorte que le boîtier ne se trouve pas sous une bretelle de soutien-gorge ou une ceinture de sécurité. Dites-le avant si vous avez une préférence marquée pour un côté, car il est plus facile d’en tenir compte avant la mise en place des champs.
4
La position de l’extrémité est vérifiée avant que vous quittiez la salle. Par radioscopie ou par la méthode électrique décrite plus haut. Une vérification ultérieure sur un cliché en chambre est possible et elle implique qu’une éventuelle correction nécessite une seconde intervention.
5
Fermeture, et premier rinçage. L’ensemble prend environ quarante minutes en moyenne dans les séries publiées, et la plupart des personnes rentrent chez elles le jour même. Dans une série prospective, le dispositif a été piqué 1 240 fois et 91,4 % de ces ponctions se sont déroulées sans aucun problème, ce qui constitue une attente raisonnable.

Les règles semaine après semaine

Une fois la chambre implantable en place, les éléments qui déterminent sa durée de vie sont petits, répétés et en grande partie hors de votre contrôle. Les connaître vous permet de remarquer quand ils ne sont pas appliqués.

Ce tableau est large également. Faites-le glisser latéralement sur un écran étroit, car il défile au lieu de se réduire.

Ce qui doit se passer à chaque utilisation de la chambre implantable, et ce que cela prévient
Ce qui doit se passer Pourquoi Que dire si cela n’est pas fait
Chlorhexidine alcoolique sur la peau Le seul antiseptique soutenu par un rapport de risque randomisé de 0,15, testé chez 2 349 patients. Signalez toute réaction cutanée antérieure, car des réactions sévères sont survenues chez 27 patients dans cet essai contre 7 avec l’iode.
Une aiguille non carottante de type Huber Une aiguille ordinaire découpe un fragment de silicone et raccourcit la durée de vie du dispositif. Demandez directement s’il s’agit bien d’une aiguille pour chambre implantable. C’est une question légitime et elle sera comprise.
Un reflux de sang avant toute injection Confirme que l’aiguille est dans le boîtier et que le cathéter est perméable. Une injection facile sans reflux sanguin est le signe classique d’un problème. Si rien ne revient, la perfusion ne doit pas être démarrée malgré tout.
Un rinçage après, puis un verrou Élimine le médicament du cathéter et le laisse rempli. Sérum physiologique et héparine se valent selon les données randomisées. Demandez ce qu’utilise votre service et conservez la réponse avec vos documents, car les pratiques diffèrent et la vôtre peut changer.
Un examen de la peau au-dessus du boîtier L’extériorisation du boîtier à travers la peau a causé 14 des 55 retraits dans une série de 815 patients. Signalez tôt un amincissement, une rougeur ou une zone brillante au-dessus du dispositif, car il est bien plus facile d’intervenir avant l’ouverture de la peau.
Un rinçage entre deux traitements Maintient le cathéter perméable. Des intervalles de quatre semaines à trois mois sont utilisés, les plus longs étant moins bien démontrés. Faites-vous préciser l’intervalle par écrit avant de rentrer, ainsi que la personne qui s’en chargera.

Ce qu’il faut nous envoyer

Savoir si la pose d’une chambre implantable est simple dans votre cas se décide en grande partie sur documents, et les cas délicats sont en général signalés par l’un des éléments de cette liste.

  • Votre diagnostic et le calendrier du traitement. Quels médicaments, à quelle fréquence et pendant combien de temps. Un protocole administré toutes les trois semaines pendant six mois n’impose pas les mêmes contraintes qu’une perfusion continue par pompe ou qu’une nutrition parentérale de longue durée, et une grande série a montré que l’association chimiothérapie et nutrition par la même chambre avait une survie du dispositif bien plus faible que la chimiothérapie seule.
  • Tout ce qui a déjà été fait sur votre thorax ou votre cou. Chirurgie antérieure, radiothérapie, chambre implantable ou cathéter antérieur d’un côté ou de l’autre, et ce qu’il est devenu. Des veines cicatricielles ou déjà thrombosées changent complètement le plan et sont la raison la plus fréquente d’abandonner un premier choix.
  • Une imagerie thoracique récente, avec les fichiers d’images. Un scanner réalisé pour le bilan d’extension montre en général assez bien les veines pour planifier la voie d’abord. Envoyez les images et pas seulement le compte rendu, car le radiologue ici voudra examiner les vaisseaux eux-mêmes.
  • Antécédents de coagulation et anticoagulants en cours. Tout caillot antérieur, tout trouble connu de la coagulation, ainsi que le médicament et la dose exacts plutôt que la classe. Les conduites diffèrent selon le médicament et la gestion autour de l’intervention doit être organisée à l’avance.
  • Le côté que vous préférez. Latéralité, ceinture de sécurité, bretelle de soutien-gorge, crosse de fusil, violon. C’est la seule décision de toute cette page où votre préférence constitue l’élément déterminant, et personne ne la devinera.

Quand on la retire

Combien de temps elles durent

Dans une série de 324 chambres implantables suivies sur onze ans et totalisant 159 764 jours-cathéter, le suivi médian était de 490,6 jours et le retrait pour complication est survenu dans 8,6 % des cas. Dans une série française de 815 patients suivis un an, 55 dispositifs ont été retirés tôt, en moyenne 3,7 mois après la pose, et aucune de ces séries ne décrit un objet qui tombe souvent en panne, les deux décrivent un dispositif dont la plupart des échecs surviennent relativement tôt plutôt qu’au terme d’une longue vie utile.

Pourquoi on les retire

L’infection venait en tête de la liste française avec 19 retraits, suivie de l’extériorisation du dispositif à travers la peau avec 14, de la migration du cathéter avec 6, du caillot avec 5 et des problèmes mécaniques avec 3. La série allemande de 1 008 dispositifs rapportait 32 complications précoces ayant conduit au retrait dans 11 cas et 88 complications tardives ayant conduit au retrait dans 34 cas, autrement dit la plupart des complications n’ont pas coûté le dispositif au patient. Cela mérite d’être su avant de supposer qu’un problème signifie une nouvelle intervention.

La garder après la fin du traitement

Environ trois patients sur dix rechutent après la fin du traitement de certains cancers, le plus souvent dans les deux ans, et c’est l’argument pour garder la chambre implantable plutôt que la retirer à la fin de la chimiothérapie. Dans l’étude de surveillance coréenne, 25 des 30 patients ayant rechuté ont utilisé la chambre en place pour leur nouveau traitement sans nouvelle intervention. En face se trouvent la charge d’entretien, le petit risque infectieux persistant et le fait qu’un dispositif sous la peau est un rappel quotidien. Aucune donnée ne tranche cette question, et c’est une conversation raisonnable à avoir plutôt qu’une décision à accepter par défaut. Ce qui emporte la décision pour beaucoup de personnes, c’est la perspective d’une seconde intervention au pire moment, car une rechute n’est pas le moment où l’on souhaite organiser un accès veineux depuis le début, et cet argument pèse plus lourd que tous les chiffres de part et d’autre.

Venir à Istanbul

1
Avant de voyager. Envoyez les documents listés plus haut et obtenez un plan écrit précisant la veine et la technique prévues. Une chambre implantable à elle seule ne justifie pas un long voyage, et elle est presque toujours posée dans le cadre d’un plan de traitement qui vous amène déjà ici.
2
Le séjour lui-même. La pose se fait en général en ambulatoire, de sorte que la durée de votre séjour à Istanbul dépend de ce pour quoi vous venez par ailleurs. Lorsque la chambre implantable est la seule intervention, deux à trois jours couvrent le bilan, la pose et le contrôle de la cicatrice.
3
Avant la première utilisation. Si le traitement commence ici, demandez quand la chambre sera piquée pour la première fois et lisez la section ci-dessus qui explique pourquoi ce délai mérite d’être discuté. Si le traitement commence chez vous, ce délai relève d’une discussion avec votre équipe et le compte rendu opératoire est ce qui lui permet de l’avoir.
4
Suivi après votre retour. Vous repartez avec le compte rendu opératoire, la carte du fabricant du dispositif, la position confirmée de l’extrémité, la solution et l’intervalle de rinçage par écrit, ainsi qu’un contact nominatif ici. C’est ce dossier dont a besoin une infirmière à trois mille kilomètres, et le reconstituer après coup est bien plus difficile que de le demander avant de partir.
5
Ce qui doit vous faire contacter quelqu’un le jour même. Fièvre, rougeur ou gonflement au-dessus du boîtier, douleur ou gonflement autour de la chambre pendant une perfusion, ou gonflement du bras, du cou ou du visage de ce côté. Le premier signe une infection, le deuxième correspond à ce qu’ont présenté huit patients sur neuf avec un cathéter rompu, et le troisième à un caillot dans la veine.

FAQ sur la chambre implantable veineuse centrale

Combien de temps dure une chambre implantable ?
Des années, dans la plupart des cas. Dans une série de 324 chambres implantables totalisant 159 764 jours-cathéter, le suivi médian était de 490,6 jours et seules 8,6 % ont été retirées en raison d’une complication. La plupart des dispositifs sont retirés parce que le traitement est terminé et non parce qu’ils ont échoué.
Quel est le risque de pneumothorax ?
Faible, et il dépend de la technique. La dénudation chirurgicale avait un rapport de cotes de 0,27 face à la ponction dans un essai randomisé de 1 159 patients. Dans une série de 796 dispositifs, les quatre cas sont tous survenus parmi les 48 posés par ponction à l’aveugle et aucun parmi les 646 posés sous échographie.
Ma chambre implantable doit-elle être rincée à l’héparine ou au sérum physiologique ?
Les deux fonctionnent en pratique. Un essai randomisé de 765 patients a formellement établi que le sérum physiologique n’est pas inférieur, avec un risque relatif de 0,94. Un second essai de 415 patients n’a trouvé aucune différence mais n’a pas pu l’établir formellement. Aucun des deux n’a montré que le sérum physiologique provoquait plus d’obstructions.
À quelle fréquence faut-il la rincer quand je ne suis pas en traitement ?
Les pratiques vont de quatre semaines à trois mois. L’étude la plus souvent citée pour les trois mois a exclu un quart de ses patients pour non-respect de l’intervalle, ses résultats décrivent donc des patients observants et non la pratique quotidienne. Faites préciser votre propre intervalle par écrit.
Ai-je besoin d’antibiotiques lors de la pose de la chambre implantable ?
Les données randomisées groupées répondent non. Cinq essais chez 360 adultes ont donné un risque relatif de 0,72 avec un intervalle de confiance de 0,33 à 1,58, qui inclut l’absence totale d’effet.
Dois-je prendre un anticoagulant pour éviter que la chambre se bouche par un caillot ?
Pas systématiquement. L’héparine de bas poids moléculaire a réduit les caillots liés au cathéter avec un risque relatif de 0,43 dans les essais randomisés, la warfarine non, et aucune des deux n’a réduit la mortalité. Les recommandations ne préconisent pas de prévention systématique, et les anticoagulants oraux plus récents n’ont pas été testés dans cette indication.
Le cathéter peut-il se rompre ?
Rarement. Neuf cas sur 1 320 chambres implantables sous-clavières, soit 0,68 %, dans une série. Huit des neuf ont remarqué un gonflement douloureux autour de la chambre pendant une perfusion, tous les fragments ont été retirés par une veine de l’aine, et personne n’est décédé.
Puis-je prendre l’avion, nager ou faire du sport avec une chambre implantable ?
Une fois la plaie cicatrisée, les activités ordinaires, y compris l’avion et la natation, ne posent en général pas de problème lorsque la chambre n’est pas piquée. Demandez à votre équipe pour les sports de contact et les charges lourdes sur l’épaule du côté du dispositif, car le cathéter traverse un espace qui bouge avec votre épaule.

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Note de l'éditeur

Rédigé par l'équipe éditoriale médicale de Biruni Hospital. Vérifié par Dr Erman AK, Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique.

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